Bob Marley en vedette : «One Love» sur les écrans, un biopic authentique et émouvant dès le 14 février 

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Oubliés les projets avortés de Martin Scorsese et Oliver Stone: Bob Marley arrive le 14 février sur grand écran, avec «One Love», biopic sur la période 1976- 78, entre tentative d’assassinat, album mythique «Exodus» et découverte de la maladie. «On a passé le test de l’avant-première en Jamaïque et les gens ont bien reçu le film, ouf, car tout le monde là-bas nous disait «Ne déconne pas avec Bob !»», sourit Reinaldo Marcus Green, le réalisateur. L’Américain a signé précédemment «La méthode Williams» («King Richard» en V.O.), articulé autour de Richard Williams, père des championnes de tennis Venus et Serena, poussées vers les sommets par leur géniteur. Mais le défi est tout autre avec une superstar de la musique, parti de la sphère reggae pour s’inscrire dans la pop culture en dépit de sa disparition précoce en 1981 à 36 ans, des suites d’un cancer. «C’est une énorme responsabilité, tout le monde me disait +fuis, n’y touche pas+», décrit le cinéaste. Reinaldo Marcus Green raconte qu’il est comme cet enfant qu’on voit tenter d’échapper à des champs en feu dans une scène onirique du film. «Comme ce gamin, à un moment il faut arrêter de courir et faire face, c’était le moment pour moi, la famille Marley était prête à faire ce film, alors pourquoi pas moi ?». 

«Intense !» : Ziggy Marley (fils), Rita Marley (veuve), Cedella Marley (fille) apparaissent au générique en tant que producteurs, tout comme un certain Brad Pitt. Ziggy Marley a ainsi validé le choix de Kingsley Ben-Adir, pour incarner son père. L’Anglais a déjà interprété Malcom X ou Barack Obama, mais dans des films moins en vue que cette superproduction. Dans quel état était l’acteur lors de sa première entrevue avec Ziggy Marley? «J’étais intense ! Il fallait que je sois comme ça, car c’est comme ça qu’était Bob», répond le trentenaire. Stratégie payante: «Kingsley assure vraiment, il n’essaie pas de parodier, il est fidèle», salue l’héritier de la légende dans une vidéo livrée à la presse par la production. Depuis quelques jours, les affiches du film avec le visage en gros plan de Kingsley Ben-Adir s’étalent dans les couloirs du métro parisien, comme dans d’autres villes du globe. «Ce n’est pas mon visage que je vois, mais tout l’amour que les gens ont pour Bob, encore aujourd’hui, qui ne connaît pas Bob ?», rebondit le comédien. Même si la famille Marley a validé le biopic, «One Love» — titre d’un tube — évite pas mal de pièges de l’hagiographie. «Bob sympa, Bob relax, c’est cliché, il était généreux, inspirant, mais il n’était pas parfait, même si sa mission, transcender les messages de paix et d’unité dans sa musique, l’était», insiste le comédien. 

«Côté humain» : L’acteur «apporte ce côté humain» dans le biopic, loue Ziggy Marley. Un des grands moments du film est une explication de texte entre Rita et Bob, avec un chanteur remis à sa place. Rita Marley, autre personnage complexe, mériterait son biopic. «One Love» n’est pas dénué de défauts — un peu long, pathos en flash-back, fin empruntée — mais se démarque par une fenêtre chronologique forte et la crédibilité des séquences musicales et de la peinture du show-business. Kingsley Ben-Adir — qui a appris à chanter pour le film — mêle sa voix aux enregistrements de Bob Marley. «Et on a entouré Kingsley à l’écran de vrais musiciens, parfois même des fils des musiciens de Marley, car eux seuls savent comment tenir une guitare, comment la reposer», dévoile Reinaldo Marcus Green.