C. BIENAIME-BESSE (CSA) : « Rajouter une signalétique «moins de 14 ans» est à l’étude »

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Carole BIENAIME BESSE, Membre du CSA

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel vient de lancer la nouvelle campagne de sensibilisation à la signalétique jeunesse. L’autorité a renouvelé par ailleurs son engagement pour la protection du jeune public face aux écrans. Rencontre avec Carole BIENAIME BESSE, Membre du CSA.

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A travers la nouvelle campagne de sensibilisation à la signalétique jeunesse, comment se positionne le CSA ?

Carole BIENAIME BESSE

Dans le cadre de la protection de la jeunesse et des mineurs, une attention particulière est portée à la protection du jeune public à travers la signalétique, face aux programmes inappropriés que pourraient diffuser les éditeurs sur tous les écrans, puisqu’aujourd’hui la télévision se consomme sur plusieurs écrans : téléviseur, smartphone, tablette, etc… Cela fait partie de la mission du CSA. La question de la protection du jeune public est au cœur de la loi de 1986. Chaque chaîne, du fait de l’ultra-vigilance du téléspectateur, les applique d’une manière très précise. Cela fait partie du contrat de confiance qu’ont les éditeurs avec les téléspectateurs.

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La protection de la jeunesse s’est-elle accentuée au fil des années ?

Carole BIENAIME BESSE

Il n’y a pas de surprotection, mais une vigilance accrue. Nous tenons compte de la révolution numérique et de la consommation multisupports. Tout le monde a conscience que tout n’est pas complètement encadré. Il faut protéger les plus jeunes, d’où l’importance d’une campagne de sensibilisation annuelle. Lancée le 20 novembre à l’occasion de la journée mondiale de l’enfance, pour une durée de trois semaines en télévision, la campagne affiche un ton plus direct. A cela, s’ajoutent trois tutoriels, un spot radio – diffusé pendant une semaine – et des visuels pour le web. 

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La signalétique a-t-elle vocation à évoluer dans les années à venir ? 

Carole BIENAIME BESSE

Une réflexion est menée en effet pour savoir s’il est opportun de rajouter une signalétique «moins de 14 ans». Les jeunes continuent à regarder la télévision linéaire ou en rattrapage, mais ils consomment aussi massivement sur les réseaux sociaux et internet via les plateformes de partage de vidéos. À ce stade, ces nouveaux supports ne sont pas régulés. À travers nos recommandations, nous avons suggéré que la nouvelle loi audiovisuelle intègre ces changements d’usages pour que nous puissions mieux protéger le jeune public.

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La télévision fait donc figure de bon élève face à l’affluence de contenus ?

Carole BIENAIME BESSE

Oui, bien sûr ! Elle est le plus sécurisée possible dans la mesure où les acteurs de la télévision respectent les recommandations du CSA.

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Le CSA est-il plus sévère que ses voisins européens en matière de protection des jeunes ?

Carole BIENAIME BESSE

Nous ne sommes pas plus sévères qu’ailleurs. Au niveau européen, le CSA fait partie d’un réseau de régulateurs, l’ERGA, créé sous l’impulsion d’Olivier Schrameck. Nous échangeons régulièrement avec nos voisins européens, régulateurs comme diffuseurs. Il est clair que nous avons tous les mêmes préoccupations aujourd’hui. Le changement des modes de consommation est un phénomène mondial qu’il faut savoir accompagner.