C. SOMMET (Ushuaïa TV, TV Breizh et Histoire) : « Sous l’impulsion d’Ara Aprikian et Xavier Gandon, nous achetons 300 heures de programmes par an et nous en produisons 150 heures pour Ushuaïa TV »

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A l’occasion de la huitième édition des Deauville Green Awards, le festival international des productions audiovisuelles pour le développement durable et les éco-innovations, média+ s’est entretenu avec Christophe SOMMET, Directeur du Pôle Thématiques de TF1 en charge des chaînes Ushuaïa TV, TV Breizh et Histoire. Il nous dévoile les ambitions et les projets d’Ushuaïa TV.

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Vous êtes présent au Festival Deauville Green Awards. Quels sont vos objectifs ?

CHRISTOPHE SOMMET

Ushuaïa TV est partenaire des Deauville Green Awards pour la 4ème année consécutive. C’est une évidence pour nous d’associer la chaîne à cet événement qui correspond à son ADN puisqu’Ushuaïa TV est un média pionnier dans la protection de la planète et ce, depuis 15 ans. L’objectif principal de notre présence est de découvrir et sourcer des contenus qui s’inscrivent dans la ligne éditoriale de la chaîne. C’est aussi un moyen de rencontrer et échanger avec des partenaires, actuels ou futurs, qu’ils soient producteurs, réalisateurs, associations ou ONG..

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Les questions environnementales intéressent de plus en plus la société civile. Le constatez-vous dans vos audiences ?

CHRISTOPHE SOMMET

Absolument, les audiences de la chaîne sont d’ailleurs en progression. Nous avons une base solide de téléspectateurs qui se reconnaissent dans nos valeurs qui sont l’héritage des émissions de Nicolas Hulot. Nous nous adressons aussi à un public qui n’est pas forcément au fait de cette thématique et cherchons à toucher un public plus jeune. Nous remarquons que cette cause gagne en visibilité et intéresse de plus en plus le grand public.

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Comment toucher ce jeune public ?

CHRISTOPHE SOMMET

A l’antenne, nous nous associons de plus en plus à des personnalités emblématiques pour le jeune public. Dans l’enquête «Guyane, l’or de la discorde», la journaliste Christine Oberdorff a emmené à ses côtés, en Guyane, le Youtubeur Max Bird, un des héros de la mobilisation 2.0 pour le climat pour enquêter sur le projet contesté de la montagne d’or. Aujourd’hui, les jeunes ne sont pas forcément scotchés devant l’écran linéaire. En toute logique, nous développons donc notre offre numérique. Nous misons notamment beaucoup sur la réalité virtuelle en développant de nombreux contenus qui sont disponibles dans l’appli MYTF1 VR. Nous avons une chaîne YouTube avec un volume important de contenus et des formats attractifs pour un jeune public. Enfin, nous développons notre politique de partenariats en nous associant à de nombreux festivals, notamment à destination des jeunes, sur des thématiques comme l’aventure et l’exploration.

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Quel est votre politique d’investissement ?

CHRISTOPHE SOMMET

Sous l’impulsion d’Ara Aprikian et Xavier Gandon, nous achetons 300 heures de programmes par an et nous en produisons 150 heures. Résultat : Ushuaïa TV propose autour de 450 heures de programmes frais chaque année. Parmi les 150 heures de programmes que nous produisons, nous sommes primo-diffuseur pour près de 50% d’entre eux. La biodiversité, thème phare des Deauville Green Awards 2019, est au cœur des programmes de la chaîne. Depuis quelques temps, la science est aussi présente dans notre programmation. Nous traitons ces thématiques de manière très variée : unitaires, magazines, films de cinéma, documentaires… En complément, nous sommes partenaires, en seconde diffusion, de gros projets de France Télévisions, Arte ou encore RMC Découverte. C’est notamment le cas de «Rhino Dollars», qui vient de remporter le Grand Prix Docu aux Deauville Green Awards.

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Vous souhaitez renforcer votre politique d’événementialisation de la chaîne. Qu’est-ce que cela signifie?

CHRISTOPHE SOMMET

Nous poursuivons le travail d’éditorialisation et d’événementialisation de la chaîne. Pour cela, nous travaillons sur des journées anniversaires liées à l’actualité de la planète. Pour exemple, nous avons proposé en mars dernier une programmation spéciale à l’occasion de la journée internationale des forêts. Ces dernières sont portées le plus souvent possible par des intervenants, à l’image de Thierry Marx en octobre dernier, lors de notre programmation contre le gaspillage alimentaire. Enfin, nos programmes sont aussi réfléchis avec des associations ou des ONG pour être sur le terrain et inciter le téléspectateur à en faire de même, pour contribuer à la mobilisation citoyenne.

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Quel est le bilan de cette fin de saison?

CHRISTOPHE SOMMET

Nous ne sommes pas «drivés» par l’audience. Nous sommes là pour proposer des contenus qui ont du sens… et cela marche ! La chaîne progresse notamment sur les cibles publicitaires. Il y a quelques années, les programmes traitant des questions environnementales ne rencontraient pas forcément un grand succès. Les mentalités évoluent. Avec son film «Demain», Cyril Dion a certainement participé à ce changement et une offre comme celle d’Ushuaïa TV répond plus que jamais à ce besoin.

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Quelle est votre feuille de route pour la rentrée ?

CHRISTOPHE SOMMET

Nous allons poursuivre notre stratégie actuelle, garder notre ADN et continuer à produire de nombreux contenus ambitieux. Pour la prochaine saison, nous continuerons à mettre en avant les jeunes aventuriers et explorateurs. Enfin, nous allons proposer en novembre prochain un cycle sur l’eau avec près de 20 heures de programmes consacrés à cette thématique. Nous sommes en pleine discussion avec une intervenante connue et légitime sur ce sujet pour incarner ce cycle. Jamais les programmes environnementaux ont suscité un tel intérêt auprès du public.