Un an après son lancement, T18 dépasse 1% d’audience et touche 27 millions de Français par mois. Pour sa deuxième rentrée, la chaîne veut consolider ses succès, affirmer son identité et fidéliser son public. Son président, Christopher Baldelli, détaille ses nouveautés, défend le linéaire face aux plateformes et explique son modèle plus agile.
MEDIA +
T18 a dépassé 1% de part d’audience. Votre priorité est-elle d’élargir le public ou de renforcer l’identité de la chaîne ?
CHRISTOPHER BALDELLI
Les deux ! Nous atteignons 1,1%, un record pour une nouvelle chaîne de la TNT en un an. En mai, nous avons devancé des chaînes installées. Il faut consolider nos succès et lancer des nouveautés. L’identité repose sur des visages, des rendez-vous réguliers et une offre éclectique. T18 est la quatrième chaîne de la TNT en volume d’inédits entre 18 heures et minuit.
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Comment cette identité se traduit-elle concrètement en cette rentrée ?
CHRISTOPHER BALDELLI
Yves Calvi présentera «Chez Calvi», le samedi de 20 heures à 21 heures, et Laurent Ruquier pourrait revenir lors de soirées événementielles. «Pour tout dire» conservera ses débats approfondis, loin du clash, avec une rubrique présidentielle dès l’automne. «(En)quête de sens» continuera d’associer documentaires et débats. «Puremédias l’Hebdo», fort de 15 millions de pages vues depuis février, reviendra également. Julie Andrieu ouvrira ses voyages à l’Europe et Chloé Nabédian portera un rendez-vous animalier.
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Avec un budget d’environ 30 M€, comment créer le «réflexe T18» ?
CHRISTOPHER BALDELLI
La télévision est suiveuse. Le succès du «Bigdil» sur RMC Story a poussé chacun à rechercher d’anciennes marques. Mais plusieurs relances ont échoué. Une popularité passée ne garantit rien. Chaque projet doit être évalué pour lui-même.
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Vous relancez pourtant «Non élucidé» et «Indices». N’est-ce pas la même logique ?
CHRISTOPHER BALDELLI
Nous avons d’abord diffusé les épisodes existants et mesuré leur potentiel sur T18. Leur succès nous a conduits à commander quinze nouveaux «Indices» et de nouveaux numéros de «Non élucidé». Ils valorisent policiers, gendarmes, experts ADN et légistes.
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La télévision linéaire peut-elle rivaliser avec les plateformes ?
CHRISTOPHER BALDELLI
J’en suis convaincu. La durée d’écoute reste proche de 2h30 par jour. Selon l’étude Watch de Médiamétrie, 500.000 personnes en une semaine peuvent constituer un succès pour un programme de catalogue sur une plateforme. Un bon Prime de T18 en rassemble autant en deux heures. Les sessions nocturnes de Roland-Garros sur Prime Video en ont réuni 140.000 en moyenne, environ la moitié d’un Prime de T18. Le replay ne représente encore qu’autour de 10% de la consommation télévisée, dix-sept ans après M6 Replay. Le linéaire reste très puissant.
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Les plateformes ont-elles entretenu l’image d’une croissance irrésistible ?
CHRISTOPHER BALDELLI
Beaucoup voient Netflix comme un média en croissance ininterrompue. Or son temps de visionnage a progressé de moins de 2% l’an dernier. Netflix communique aussi sur l’engagement et le temps passé, des indicateurs proches de ceux de la télévision.
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T18 revendique un modèle de start-up…
CHRISTOPHER BALDELLI
L’âge d’or de la télévision est derrière nous, mais elle ne disparaîtra pas. T18 est déjà un média de masse. Plateformes et réseaux sociaux captent une partie du temps disponible : une chaîne ne peut conserver l’économie de l’époque où la télévision était toute-puissante. Elle doit gagner en agilité et adapter ses coûts.
MEDIA +
N’est-il pas paradoxal de voir des productions YouTube aux budgets considérables pendant que la télévision doit se serrer la ceinture ?
CHRISTOPHER BALDELLI
Revoir notre modèle ne signifie pas investir moins dans les programmes: ils sont le cœur du réacteur. Il faut questionner les dépenses réalisées autour. Mon expérience du public, du privé, des grandes et petites chaînes me convainc qu’il existe partout des économies possibles. Nous pouvons parfois produire aussi bien pour moins cher.
MEDIA +
Est-ce déjà ce que vous faites chez T18 ?
CHRISTOPHER BALDELLI
C’est en tout cas ce que nous nous efforçons de faire. Nous touchons 27 millions de Français par mois. C’est déjà près des deux tiers du reach mensuel de YouTube en France.
MEDIA +
L’enjeu est-il désormais de transformer ce reach en fidélité ?
CHRISTOPHER BALDELLI
Bien sûr. C’est tout l’objectif de cette deuxième saison.



































