Classification des films : la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, va bien conforter le pouvoir de la commission

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La ministre de la Culture, Audrey Azoulay, va bien conforter le pouvoir de la commission chargée d’établir le classification des films (interdiction aux moins de 12, 16 et 18 ans) pour éviter la multiplication des recours en justice observés ces dernières années.

«J’ai retenu la proposition de redonner du pouvoir à la commission de classification pour que chaque oeuvre soit jugée à la fois pour son impact sur le jeune public et pour son contenu artistique», a-t-elle déclaré dans un entretien au «Parisien», le premier depuis sa nomination le 12 février.

Cette proposition émane d’un rapport, remis fin février au ministère par Jean-François Mary, président de la commission de classification des oeuvres du Centre national du cinéma (CNC), qui lui avait été demandé par l’ancienne ministre de la Culture Fleur Pellerin après les multiples victoires en justice de l’association Promouvoir, proche des catholiques traditionalistes. «Les recours devant la juge aboutissent pour l’instant trop facilement à des interdictions aux moins de 18 ans», a commenté Mme Azoulay.

Composée de plusieurs collèges (administrations, professionnels du cinéma, experts médicaux ou associatifs et jeunes), le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) est à même d’apprécier les critères de «protection du jeune public», avait déjà déclaré la ministre le 29 février. Le ministère entend notamment modifier un article du code du cinéma qui entraîne aujourd’hui une interdiction «automatique» d’un film aux mineurs lorsque celui-ci «comporte des scènes de sexe non simulées ou de très grande violence», même quand cette production n’est pas un film «classé X».

Dans son rapport, M. Mary propose une nouvelle rédaction de l’article en question: l’interdiction aux moins de 18 ans reposerait désormais sur la présence dans le film, «sans justification de caractère esthétique» de «scènes de sexe ou de grande violence» pouvant «troubler gravement la sensibilité des mineurs» ou «banaliser» la violence.

Par ailleurs, Audrey Azoulay s’est dite favorable à l’idée de son prédécesseur de lancer un festival international des séries. «Les séries forgent notre imaginaire et il est important qu’on mette en valeur des séries européennes de haut niveau. Il existe des séries françaises de qualité, des alternatives à la production américaine», a-t-elle estimé.

Elle a enfin souligné sa volonté de propager la culture. «Nous soutiendrons par exemple les bibliothèques qui souhaitent ouvrir le dimanche et le soir. Il faut retrouver une émotion commune, un lien collectif autour de propositions d’artistes, d’oeuvres du patrimoine, de festivals».