Cyber-reporter: OhmyNews veut révolutionner le journalisme

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    «Tout citoyen est un journaliste: ce n’est plus un slogan, c’est une réalité»: Oh Yeon-ho a fondé en 2000 en Corée du Sud le site «Ohmynews». Depuis, jusqu’à deux millions de personnes lisent chaque jour des articles écrits par 50 000 «cyber-reporters». Mais le vrai succès n’est pas là. C’est plutôt la révolution qu’il a provoquée dans la manière de faire du journalisme, assure le patron de 42 ans. Quand il a fondé le site en février 2000, quatre employés travaillaient pour lui. Ils sont actuellement 80 à vérifier et relire les articles de cinquante milliers de journalistes amateurs en Corée du Sud. Jusqu’à deux millions de personnes visitent le site, les jours de grosse actualité. En temps normal, ils sont 500 000 à un million par jour. Le site diffuse jusqu’à 200 articles par jour et, même si les «cyber-reporters» ne reçoivent qu’une vingtaine de dollars par contribution, les propositions continuent à affluer. Plus de 5 000 personnes collaborent pour le site à l’étranger, dont 3 000 au Japon. Le site sud-coréen vient de s’implanter directement dans l’archipel nippon grâce à un accord avec le groupe Softbank, gérant du service d’accès internet Yahoo BB! et nouvel opérateur mobile au Japon. Cette aventure à l’étranger n’est qu’un premier pas pour le site qui a évoqué la possibilité d’une expansion en Chine, en Italie et en Amérique du Sud. C’est que le concept du «journalisme à la portée de tous» est exportable à travers le monde, assure M. Oh. Les cyber-reporters «viennent de toutes les couches de la société: des écoliers, des femmes au foyer, des policiers, des romanciers, des docteurs et même des politiciens», se félicite-t-il. «L’actu, ça fait courir les journalistes. La bonne actu, ça fait battre les coeurs. A partir du moment où notre coeur se met à battre, où on s’exclame «Mon Dieu», on doit écrire. C’est ça «Oh my news» («Oh mon actu»), explique le patron. Les «guérilleros de l’actu» qui écrivent pour Ohmynews représentent «la voix du peuple souvent ignorée par les médias conventionnels», estime M. Oh, élevé dans l’esprit de contestation depuis sa jeunesse.