E. JOUANOLE (SEDPA) : «En baisse, l’animation reste le genre qui s’exporte le mieux»

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Lors des RDV Unifrance de Biarritz, les chiffres de l’export des programmes audiovisuels Français ont été dévoilés. L’occasion pour média+ de revenir sur les commentaires d’Emmanuelle JOUANOLE, Présidente du SEDPA (Syndicat des Entreprises de Distribution de Programmes Audiovisuels), suite à la diffusion des résultats.

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Quel bilan tirez-vous de l’étude annuelle sur l’export des programmes audiovisuels français ?

Emmanuelle JOUANOLE

Les chiffres sur l’export des programmes audiovisuels français ont été présentés lors de la 28ème édition des Rendez-vous Unifrance, à Biarritz, par le CNC et Unifrance. Ainsi, l’exportation de programmes audiovisuels français (ventes, préventes et apports en coproduction) enregistre un niveau particulièrement élevé avec un total de 375,9 millions d’euros, soit une hausse de +6% par rapport à 2020. La vente de formats, notamment dans le genre de la fiction, est très positive. Une série comme «Dix pour cent» signe un vrai succès dans le monde. Les ventes du genre documentaire sont liées à la conjoncture actuelle, avec des difficultés de tournage lors de la pandémie. Certaines productions ont jusqu’à 18 mois de retard. Enfin, il est important de relever que l’absence d’heures fraîches n’a pas été comblée par des rachats par les chaînes.

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Quel bilan tirez-vous de l’export des programmes du genre animation ?

Emmanuelle JOUANOLE

L’animation recule de 18,5% à 60,8 millions d’euros. Une baisse portée par quelques grands groupes et qui semble essentiellement conjoncturelle, liée au caractère cyclique de l’animation. À noter tout de même que l’animation reste le genre qui s’exporte le mieux avec une part de marché de 32,7%. Enfin, la fusion de certains acteurs, comme la fusion de WarnerMedia et Discovery, ou encore la création de nouvelles plateformes de diffusion, peuvent impacter ce marché. Concernant l’investissement dans des programmes Originals, il s’agit d’une bonne nouvelle pour le secteur certes, mais cette stratégie peut avoir un impact sur la diffusion. En effet, ces contenus sont exclusivement à destination des plateformes.

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Comment analysez-vous l’évolution des droits des programmes français sur les plateofrmes à l’étranger ?

Emmanuelle JOUANOLE

Les revenus issus de l’exploitation des programmes français sur les plateformes à l’étranger sont en croissance régulière et représentent 33,5% des recettes d’exportation en 2021. Le marché de la vidéo à la demande est cependant en cours de transition, avec des signes de rationalisation des achats de la part des plateformes de VàDA mondiales, tandis que de nouvelles opportunités pour la circulation des œuvres françaises émergent avec le développement des plateformes d’AVoD (Advertising Video on Demand) ou des chaînes FAST (Free Ad-Supported Streaming TV). Nous constatons un réel phénomène autour des FAST TV, essentiellement sur le marché US. Cette tendance arrive tout de même en Europe. À ce stade, nous n’avons pas assez de recul pour en tirer un bilan.

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Quelles sont vos prévisions pour l’export des programmes audiovisuels français pour l’année 2022 ?

Emmanuelle JOUANOLE

Les chiffres sur l’année 2022 seront connus en 2023. Néanmoins, nos premières observations montrent une tendance vers le positivisme. Le secteur de l’animation retrouvera un cycle positif. Nous avons de vrais bons exemples, en termes de licences qui trouvent des financements divers et internationaux. Du côté de la fiction, les signaux sont au vert. Il y a une vraie dynamique sur l’année 2022. Enfin, le genre documentaire retrouve lui aussi de belles couleurs avec de nombreuses heures fraîches de disponibles.