E. MARTIN (Paris Games Week) : «L’âge moyen des joueurs en France est de 40 ans»

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La Paris Games Week est le salon du jeu vidéo organisé par le SELL (Syndicat des Éditeurs de Logiciels de Loisirs). Ce rendez-vous (du 30 octobre au 3 novembre à Paris) s’impose comme la vitrine de l’industrie du jeu vidéo. Entretien avec Emmanuel MARTIN, Délégué général du SELL. 

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Quelles sont les tendances émergentes de l’industrie du jeu vidéo ?

Emmanuel MARTIN

Le jeu vidéo est une industrie d’innovations et de créations. Elle rassemble énormément de corps de métier, certains très technologiques, d’autres très artistiques.  Sur la Paris Games Week, nous essayons de devancer les tendances pour les rendre accessibles au plus grand nombre. Parmi elles, les compétitions d’e-sport en réalité virtuelle mais aussi l’accès à de nouvelles solutions de cloud. Nous assistons aussi à de nouvelles façons de consommer, via les abonnements, qui apparaissent fortement. Le jeu est au centre de l’expérience avec toujours plus de personnalisation et de capacité à paramétrer son jeu pour en faire une expérience unique.

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Quel est le profil des joueurs en France ?  

Emmanuel MARTIN

L’âge moyen des joueurs en France est de 40 ans. Depuis 1999, nous réalisons une grande étude annuelle sur les Français et le jeu vidéo. On s’aperçoit que 49% des Français jouent régulièrement au moins une fois par semaine, et 71% occasionnellement. La mixité des joueurs est presque parfaite : 52% d’hommes et 48% de femmes. Le jeu vidéo est à l’image de la société française. En 1999, seulement 20% de la population jouait régulièrement, l’âge moyen était de 21 ans et la mixité réduite à 10% de femmes. En 20 ans, le jeu vidéo est passé d’un loisir de jeunes adultes masculins, à un phénomène de masse qui séduit à la fois les enfants, parents et grands-parents. Il y a une vraie transmission familiale du jeu vidéo.

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Quelles sont les habitudes de consommation et d’achat autour du jeu vidéo ?

Emmanuel MARTIN

La constante dans notre industrie est d’aller là où le consommateur souhaite se rendre. Nous sommes capables de proposer une diversité de modèles économiques. Le joueur peut accéder à des jeux gratuits, à base de micropaiements. Le joueur peut aussi souscrire à un abonnement mensuel ou annuel lui permettant d’accéder à un catalogue. Il peut toujours acquérir des jeux, s’abonner à des serveurs, etc. Je ne pense pas qu’un modèle va s’imposer par rapport à un autre. Les joueurs sont aussi variés que les façons de jouer.

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Comment se démocratise l’e-sport ? 

Emmanuel MARTIN

L’e-sport a véritablement explosé ces dernières années. C’est une façon, pour beaucoup de joueurs, de rentrer dans le jeu vidéo. C’est également une formidable façon de faire vivre les communautés et de les rassembler autour de grands événements avec une dramaturgie très forte. Quand on est pris dans l’ambiance d’une compétition, on se rend compte à quel point c’est enthousiasmant. L’e-sport est devenu une composante de notre industrie. La Paris Games Week en est le reflet puisqu’un hall entier de 24.000 m² lui est consacré.

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Quelles sont les priorités du Syndicat des Éditeurs de Logiciels de Loisirs

Emmanuel MARTIN

Le premier dossier consiste à casser les préjugés, expliquer en quoi le jeu vidéo est une activité positive. Nous avons beaucoup de questions concernant le temps de jeu mais aussi la façon dont les jeux vidéo impactent les familles. Notre volonté est de communiquer et d’expliquer. On lancera d’ailleurs prochainement une grande campagne de communication sur les pratiques sereines du jeu vidéo au sein des familles. Le deuxième dossier consiste à renforcer l’attractivité du territoire. Nous avons un bel écosystème en France et la chance d’avoir le soutien des pouvoirs publics. Il y a une vraie carte à jouer pour montrer à quel point faire des jeux vidéo en France est une bonne opportunité. Nous avons le deuxième meilleur système au monde après celui du Canada.