Eclair Group en redressement judiciaire : les salariés manifestent

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Quelque 200 salariés et intermittents d’Eclair Group, entreprise historique de l’industrie du cinéma en redressement judiciaire depuis le 18 juin, étaient réunis mardi devant le siège social de Vanves (Hauts-de-Seine) pour défendre leurs emplois. «Ce que l’on veut, c’est sauver nos emplois et nos savoir-faire», a expliqué Vincent Musselaya, secrétaire adjoint du comité d’entreprise, affirmant que sans Eclair Group, c’est «tout un secteur qui disparaît». «Il y a plus de cent ans que les laboratoires existent», «Ils font partie du patrimoine français du cinéma», ont rappellé les salariés. Les salariés ont dénoncé «la mauvaise gestion qui menace aujourd’hui (leurs) emplois», notamment des audits à répétition les 2 dernières années, alors que l’entreprise rencontrait des difficultés économiques, «qui ont coûté des millions sans qu’aucun changement soit fait» selon M. Musselaya. Celui-ci a accusé aussi les précédentes directions d’avoir «caché l’ampleur des dettes», 25 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 37,6 millions d’euros aujourd’hui. Claude Lelouch, président d’honneur de la société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs (l’ARP), est venu apporter son soutien à l’entreprise. «On ne peut pas laisser dépérir cette société qui a fait tous les plus beaux films du cinéma français», a-t-il déclaré. Patrice Dupond, PDG d’Eclair Group depuis le 27 mai, a indiqué avoir reçu «une dizaine de marques d’intérêt de sociétés du secteur» et attendre des propositions «d’ici mi-juillet». Il souhaite que la procédure soit «très rapide» pour «conserver les clients» et que la société soit vendue «en un seul bloc et en préservant un maximum de personnel». La société s’organise autour de 4 pôles d’activité: la post-production, la distribution, l’adaptation et la restauration.