E. KESSLER (Public Sénat) : « Le renforcement de la chaîne passe aussi par une consolidation de l’audience de marques identifiées »

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A votre arrivée en juin 2015, quelle était la nature du chantier mis en place sur Public Sénat ?

Emmanuel KESSLER

Ma volonté était de renforcer la singularité de la chaîne en rendant ses programmes plus lisibles. L’idée a été de renouveler la grille avec des rendez-vous centrés autour de nos fondamentaux : la pédagogie de la politique, le travail du Sénat et la vie des territoires. En 2015, j’ai renforcé la signature de la chaîne #AuCoeurDuDébat pour bien signifier au public que nous traitions de multiples informations sans être pour autant une chaîne d’info continue. Nous nous positionnons en complémentarité de ces dernières en s’inscrivant avec des formats qui développent des sujets avec une temporalité plus longue. On mise donc sur une grille plus claire. C’est le cas l’après-midi avec «Sénat 360», le soir avec «On va plus loin» et le week-end avec la pause magazine et documentaire.

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En cette année présidentielle, quel nouveau défi vous donnez-vous ?

Emmanuel KESSLER

Cette année, tous les acquis demeurent. Mais il faut les colorer, les mettre à jour et les dynamiser davantage afin que nous soyons un acteur de l’élection présidentielle et des élections qui suivront comme les législatives et les sénatoriales. Le renforcement de la chaîne passe aussi par une consolidation de l’audience de marques identi ées telles que «Bibliothèque Medicis», «Déshabillons-les», «On va plus loin», «Sénat 360», et par une stratégie de déploiement de nos contenus au-delà de la TNT avec des partenariats. Nous avons des accords avec Sud Radio, la presse quotidienne régionale ou encore avec TV5Monde pour la matinale «Territoires d’Infos».

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Avec 18,8 M€ de budget en stabilité, quels arbitrages avez-vous fait ?

Emmanuel KESSLER

Des arbitrages, nous en faisons au quotidien. En revanche, on ne transige jamais sur notre ligne éditoriale qui mise sur la différenciation et la pédagogie de la politique. Nous sommes parfois contraints de renoncer à diffuser des conférences de presse en direct ou des congrès politiques dans leur intégralité. Ce sont des productions chères que les chaînes d’info se sont emparées. Ne vaut-il pas mieux venir une heure après avec les bons extraits et le bon décryptage plutôt que de diffuser ces rendez-vous dans la continuité ?

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Quel est le profil de votre public ? Quels sont vos carrefours d’audience ?

Emmanuel KESSLER

Structurellement, notre grand carrefour d’audience, c’est la 2ème partie de soirée, entre 22h et 23h30. C’est pourquoi, nous avons créé «On va plus loin» avec Sonia Mabrouk, qui cette année proposera chaque jeudi soir un dialogue entre des jeunes de partis politiques et d’associations. Une autre séquence, «Le match des idées» confrontera des personnalités de haut niveau à des sujets d’actualité. Le genre documentaire est aussi un genre qui rencontre un vrai succès chez nous. Nous proposons cette année une trentaine de productions et coproductions documentaires. Dans un contexte nancier contraint, le budget des documentaires est absolument sanctuarisé. Quant au profil de notre téléspectateur, il a plus de 45 ans et CSP+. Nous sommes moins Parisiens que d’autres chaînes. On s’aperçoit que notre axe territorial reçoit un écho en région. D’autre part, on essaie de s’élargir vers de nouveaux publics, notamment à travers le digital, une activité qui s’est beaucoup densi ée. Nous préparons notre nouveau site internet qui sortira à la fin de l’année.