Emmy Awards 2021: 5 points à retenir

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La 73ème cérémonie des Emmy Awards a mis à l’honneur dimanche des récits de femmes sans pour autant refléter une grande diversité dans les récompenses. Au-delà du carton de Netflix, voici 5 points à retenir de la soirée.   

– Honneur aux femmes face aux épreuves: L’actrice et scénariste Michaela Coel récompensée pour son douloureux récit des suites d’un viol dans «I may destroy you», la danseuse et chanteuse Debbie Allen, victime de racisme dans sa jeunesse, honorée par un Emmy spécial: la soirée a mis à l’honneur les histoires de femmes surmontant les épreuves. «Je dédie cette histoire à toutes celles qui ont survécu à une agression sexuelle», a lancé Michaela Coel, 1ère femme noire à recevoir une statuette pour le meilleur scenario d’une série limitée, l’un des grands moments de la soirée. L’actrice et autrice britannique de 31 ans s’est inspirée de sa propre histoire pour sa série coup de poing, campée dans l’univers des nuits festives de Londres. L’oeuvre, sortie durant l’été 2020 sur la BBC et HBO, suit Arabella, jeune écrivaine noire à succès, dans sa reconstruction après avoir subi un viol dans un bar. Debbie Allen a reçu pour sa part un «Governors award», un prix d’honneur pour couronner sa carrière. «Que ce moment résonne pour les femmes du monde entier, du Texas» où l’avortement est désormais interdit après six semaines de grossesse, «à l’Afghanistan», où les talibans sont revenus au pouvoir, a clamé Debbie Allen, très émue.  

– Service minimum pour la diversité:   Un maître de cérémonie noir, en la personne de l’acteur «Cedric the entertainer», héros de la série familiale «The neighborhood» sur CBS, Debbie Allen et Michaela Coel couronnées, la nageuse paralympique Jessica Long – et ses prothèses apparentes à l’écran – remettant une statuette, la diversité avait bien une place sur le plateau de Los Angeles. Mais finalement très peu dans les récompenses. Les 12 Emmys pour les meilleures acteurs et actrices, ou 2nd rôles dans les catégories les plus en vue sont allés exclusivement à des protagonistes blancs. De quoi alimenter une nouvelle fois les critiques récurrentes contre les grandes cérémonies comme les Oscars et les Golden Globes.   

– Pas de prix pour Michael K. Williams: Il n’aura jamais été récompensé malgré 5 nominations aux Emmy Awards. Retrouvé mort chez lui, à Brooklyn, à l’âge de 54 ans, Michael K. Williams, aurait pu être consacré dans la catégorie du meilleur 2nd rôle dans une série dramatique, pour «Lovecraft Country» (HBO), à mi-chemin entre science-fiction et film d’horreur, sur fond de ségrégation raciale en Amérique dans les années 50. Mais l’Emmy est allé au Britannique Tobias Menzies, qui joue le prince Philip dans la 4ème saison de «The Crown». L’acteur new-yorkais était devenu célèbre pour son interprétation d’Omar, un personnage atypique et incontournable de la série «The Wire».

– Et à la fin, c’est «Saturday night live» qui gagne : C’est l’une des émissions satiriques les plus anciennes de la télé américaine et année après année, elle continue de rafler les récompenses. Dimanche soir, «Saturday night live», diffusée sur NBC depuis 1975, a notamment reçu l’Emmy awards de la meilleure émission à sketches. L’émission culte était en perte de vitesse mais les années Donald Trump lui ont redonné du lustre. 

– L’étoile de la «Servante écarlate» pâlit: En 2017, «La Servante écarlate» était devenue la 1ère série diffusée sur une plateforme de vidéo à la demande à décrocher l’Emmy de la meilleure série dramatique. Mais l’intérêt du public pour cette adaptation du roman dystopique de Margaret Atwood mettant en scène une Amérique autoritaire et oppressive à l’égard des femmes, s’est émoussé au fil des saisons. Malgré 21 nominations cette année, «La Servante écarlate» est repartie bredouille dimanche soir, une défaite sans commune mesure dans l’histoire des Emmy Awards.