Entretien avec… Bernard Laine, directeur éditorial de Actual Prod

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    France 5 diffusait le 5 février dernier un grand reportage en deux parties: «AFP, profession photographe». Une immersion totale dans une des plus grandes agences de photographes, l’AFP, signée Actual Prod. Rencontre avec l’un des fondateurs, Bernard Laine, directeur éditorial de l’agence.

    média+ : Parlez-nous de votre dernier reportage «AFP: profession photographe» ?

    Bernard Laine : Nous pensions que c’était intéressant de se pencher sur le métier de photographe. La dernière grande agence de photographe est l’AFP qui maintient une couverture importante sur toute la planète. Nous avons convaincu un certain nombre de photographes de les suivre pendant un peu plus d’un an. Nous avons porté deux regards sur la profession: la manière de travailler en France et celle à l’étranger. C’est différent car la France est un pays démocratique, la presse est libre d’aller à peu prés là où elle veut même si les photographes sont complètement manipulés par les services de communication. Ils passent leur temps à essayer de leur imposer des règles. Nous le savons tous mais c’était intéressant de le montrer par rapport au métier de photographe car une photo a beaucoup plus d’importance que la télévision dans les stratégies de communication. Nous avons commencé à tourner au moment de la campagne présidentielle. En ce qui concerne l’étranger, dès que nous sortons des pays démocratiques, c’est beaucoup plus compliqué. Parfois, vouloir prendre une photo implique de se cacher, de transgresser des interdits.

    média+ : Vous travaillez exclusivement avec des chaînes hertziennes. Pourquoi ?

    Bernard Laine : Parce que les autres n’ont pas d’argent et que nous ne savons pas faire de grandes enquêtes ou de grands reportages sans moyens. Les budgets que nous pouvons espérer avoir avec la TNT sont trois fois moins importants que sur les chaînes hertziennes. C’est sûr dès lors que nous ne pouvons pas travailler de la même façon. Il faut savoir qu’un 52′ coûte en moyenne entre 100 000 et 130 000 euros.

    média+ : Justement, avez-vous pour projet de vous mettre au format court ?

    Bernard Laine : Non, tant qu’on peut travailler dans de bonnes conditions avec des grands reportages. Ce n’est pas une de nos préoccupations immédiates, mais c’est possible qu’un jour nous soyons obligés de le faire.

    média+ : Et qu’en est-il du docu-fiction ?

    Bernard Laine : Les professionnels ont tous plus ou moins l’idée d’en faire. Mais les échecs qu’il y a eu récemment font que l’engouement sur les docu-fictions s’amoindrit. Il n’y a pas eu de grands succès d’audience donc les chaînes sont devenues très prudentes face à ce programme. Pourtant c’est quelque chose de formidable.

    média+ : Quels sont vos projets ?

    Bernard Laine : Nous continuons à produire de grands documentaires. Nous avons deux 90′ pour France 3 qui sont programmés pour la fin du printemps, deux autres pour M6 notamment pour «Zone interdite», diffusés à la fin de l’été et enfin deux autres pour France 2. Nous en avons actuellement 8 en cours de fabrication et nous avons des projets avec France 5 et Canal+. Cela porte soit sur des sujets de société soit des reportages à l’étranger. C’est vraiment ce sur quoi nous sommes spécialisés et ce que les diffuseurs attendent de nous.

    Société de Production et agence de presse : Actual Prod

    • Les Fondateurs:
    -Bernard Laine, producteur et directeur éditorial
    -Jean-Baptiste Gallot, directeur de production

    • Date de création : janvier 2004

    • Coordonnées : 26, rue de l’étoile
    75017 Paris

    • Activités principales :
    Documentaires, reportages, enquêtes, investigations, formats longs

    • Les productions :
    «Appel d’Urgence » (TF1), «Envoyé spécial » (France 2), «Histoires d’aujourd’hui» (France 3), «Lundi investigation» (Canal+), France 5, «Zone interdite» (M6), «Doc de choc» (M6).