Entretien avec … Jean Mino, directeur général de Canal France International

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    Canal France International (CFI) est une société privée, subventionnée par le ministère des Affaires Etrangères, qui a pour vocation de favoriser le développement et la professionnalisation des télévisions des pays émergents ou en développement. Jean Mino, Directeur Général nous présente CFI, un réseau encore trop peu connu en France.

    média+ : Pouvez-vous nous présenter Canal France International ?

    Jean Mino : Canal France International existe depuis près de 20 ans. C’est une société privée, filiale de France Télévisions et d’Arte qui bénéficie d’une subvention du ministère des Affaires Etrangères pour défendre une politique de coopération audiovisuelle de la France dans une centaine de pays en développement, notamment ceux de l’Afrique subsaharienne. Cela représente à peu près 200 millions de personnes… Nos actions se traduisent à la fois par une banque de programmes français et africains qui permettent à CFI, par le biais d’un réseau de satellites qui couvre le monde, 24/24, de proposer à une centaine de télévisions de pays en développement, environ 6 000 heures de programmes. Mais, CFI c’est aussi la retransmission de grands évènements sportifs africains.

    média+ : Quels sont les programmes phares dans les pays en développement ?

    Jean Mino : C’est la fiction actuelle qui marche le mieux dans ces pays, quelle soit sous la forme de série ou de téléfilm. Mais les documentaires et les programmes pour enfants ont un vif succès. En bref, tout ce qui n’est pas relié à l’actualité franco-française. Concrètement, toutes les séries policières fonctionnent très bien, comme c’est le cas de «P.J». Nous allons à la fin du mois, par exemple, retransmettre les championnats d’Afrique d’athlétisme sur 70 télévisions africaines. Mais les pays qui travaillent avec CFI ne sont pas forcément francophones. Nous leur vendons des programmes déjà sous-titrés ou alors doublés par le pays diffuseur.

    média+ : Comment s’organisent ces partenariats avec les chaînes locales ?

    Jean Mino : Le principe est que les chaînes locales enregistrent et replacent dans leurs grilles, ces programmes français. Nous achetons les programmes aux chaînes privées ou publiques françaises ou aux producteurs. Ces achats représentent environ un budget de 4 millions d’euros par an. Puis, nous les donnons aux chaînes locales, privées ou publiques. Sachant que ce qui est produit dans les pays partenaires, nous leur achetons également. C’est une coopération. Notre but est de développer le monde audiovisuel là-bas. Il s’agit d’un transfert de compétence et non d’assistanat. CFI envoie des experts, très souvent de France Télévisions, sur le terrain afin qu’ils apprennent aux équipes les techniques des métiers de l’audiovisuel. Nous, nous les aidons à compléter leurs grilles et par les activités de formation, nous les rendons plus productifs.

    média+ : Quel est l’apport de CFI au monde audiovisuel français ?

    Jean Mino : CFI apporte une contribution à la production française puisque les sommes investies dans l’achat de nos programmes nationaux permettent aux producteurs de ceux-ci, d’avoir des revenus supplémentaires. C’est une participation au financement de la production, une redistribution indirecte de l’argent public. Ensuite, l’action de CFI réalise une influence culturelle française sur place. Nous préparons les nouveaux marchés aux producteurs qui s’ouvrent aux marchés émergents.