France Culture : pour la directrice Sandrine Treiner, la station doit continuer de se déployer «sur tous les supports»

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France Culture se lit, s’écoute sur les  téléphones, ou peut se découvrir lors de forums: pour la directrice de la  station Sandrine Treiner, la radio «des idées, des savoirs et de la création»  doit continuer de se déployer «sur tous les supports» pour élargir son public.
La grille mise en place à la rentrée a permis de «consolider» les  programmes de la radio, écoutée par près de 1,2 million d’auditeurs par jour (soit une audience cumulée de 2,2%), et de «poser les fondations pour en faire un média global», qui attire de nouveaux publics en investissant «tous les supports», a déclaré sa directrice. Cependant, cela nécessite de développer à chaque fois des contenus spécifiques, «sans moyens supplémentaires», souligne-t-elle. «En tant que radio de service public, nous essayons d’ouvrir le plus possible notre offre en direction de tous les publics. Mais si nous proposons la même chose à la radio, sur le numérique et sur papier, ça n’aura pas un grand intérêt et ça ne marchera pas», explique Mme Treiner.
France Culture s’est donc lancée dans une grande nouveauté pour une radio publique, en lançant à la rentrée «Superfail», son premier «podcast natif». C’est-à-dire un programme conçu exclusivement pour une écoute numérique, et qui n’a pas vocation à être diffusé sur les ondes. Contrairement aux podcasts «classiques», qui permettent de réécouter des émissions déjà passées à l’antenne, ces «podcast natifs» sont pour la station un tremplin pour expérimenter des formats d’émissions plus libres et des modes d’écriture différents. France Culture veut accélérer l’an prochain, en lançant en janvier sa première fiction conçue selon ce modèle. Elle a lancé un concours de talents avec la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), pour trouver les auteurs de ces fictions, qui s’inscriront dans des genres comme la SF ou le polar. 
La radio prépare aussi le lancement l’an prochain de la plateforme culturelle numérique de l’audiovisuel public. «Nous espérons pouvoir être prêts pour le premier jour du printemps», c’est-à-dire en mars prochain, confie Sandrine Treiner. 
Le président de Radio France Mathieu Gallet a proposé jeudi dans un entretien au «Monde» que cette plateforme s’appelle «France Culture», un nom «qui symbolise bien le service public culturel dans l’imaginaire commun», selon lui. Enfin, France Culture a refondu ses forums, et relancé il y a quelques mois la revue qu’elle coédite, «Papiers». Là encore, «c’est le même travail qu’on a fait pour le numérique, ce ne doit pas être un dérivé de nos émissions de radio, mais pensé pour d’autres publics et d’autres usages que ceux de la radio», explique Sandrine Treiner.