France Culture présente ses excuses après la diffusion d’un montage audio controversé

France Culture présente ses excuses après la diffusion d’un montage audio controversé

La radio publique France Culture a présenté jeudi ses «excuses» à ses auditeurs après la diffusion la veille d’un montage audio laissant entendre que Jean-Luc Mélenchon y tenait des propos antisémites, qui s’est révélé «fallacieux» et a indigné La France insoumise, laquelle demande des sanctions. Au cours d’un long entretien avec Marine Le Pen, le présentateur de la matinale, Guillaume Erner, avait diffusé l’extrait d’un montage audio trouvé selon son propre aveu «sur les réseaux sociaux».

On y entendait en parallèle la description que Jean-Marie Le Pen, plusieurs fois condamné pour antisémitisme, faisait des Juifs et des déclarations de Jean-Luc Mélenchon censées s’en rapprocher.

Cet extrait «qui n’avait pas été sourcé à l’antenne, provient de «Léon le média»» et constitue «un montage fallacieux, ce que nous avons réalisé a posteriori», s’est excusé la radio de service public dans un message publié sur la page de l’émission.

«La direction de la chaîne et Guillaume Erner tiennent à présenter leurs excuses aux auditrices et auditeurs», ajoute-t-elle. Insuffisant pour Jean-Luc Mélenchon qui a critiqué sur X «l’irresponsabilité» de la radio qui «se défausse de son engagement» pour «soutenir sans le dire le multirécidiviste Guillaume Erner».

Le leader insoumis avait quelques heures plus tôt dénoncé «un montage odieux», «grossier mais venimeux». Quand il parlait dans l’extrait de «caste, c’est-à-dire les tout-puissants financiers et leurs marionnettes médiatiques, politiques», il évoquait «le comportement des élites françaises», a expliqué le coordinateur politique de La France insoumise Manuel Bompard également sur X. Il a diffusé à l’appui l’extrait d’où était tirée cette déclaration: une émission diffusée sur Paris Première lors de la campagne électorale pour la présidentielle de 2017.

Après les excuses de France Culture, le député de Marseille a déploré «une réaction absolument indigente» et réclamé un «correctif à l’antenne», ainsi que «des sanctions» contre «les journalistes qui ont diffusé ce montage mensonger».

La France insoumise a annoncé avoir saisi l’Arcom. Dans un communiqué, la Société des Producteur.ice.s de France Culture (SPDC) a aussi critiqué deux «fautes graves» selon elle dans l’interview de Guillaume Erner. Le montage audio diffusé «n’a été sourcé ni dans sa provenance ni dans les extraits qu’il utilise» et le journaliste a «participé à une dynamique de «normalisation» du RN tout en opérant un transfert de mise en cause vers LFI», pointe la SPDC, qui demande que la direction de la radio «traite» ces deux points, au-delà des excuses déjà formulées.

En outre, les SDJ (sociétés des journalistes) de France Culture et de Radio France, groupe public auquel la station appartient, «se désolidarisent» de M. Erner et estiment que cette affaire «entache la crédibilité de l’antenne». Enfin, le syndicat SNJ-CGT de Radio France juge que «la responsabilité éditoriale de Guillaume Erner et de France Culture sont ici directement engagées».

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