«Frida: Viva la vida» en salle mercredi en France : des images inédites qui alimentent le mythe artistique et féministe

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L’artiste mexicaine Frida Khalo, dont la notoriété et la cote ne cessent de monter, est l’objet d’un documentaire en salle mercredi en France, avec des images inédites qui alimentent le mythe artistique et féministe. «Frida: Viva la vida», avec la voix de l’actrice Asia Argento, raconte l’itinéraire d’une femme (1907-1954) fière à la fois de ses racines populaires et indigènes au Mexique et de son appartenance aux courants avant-gardistes de l’Europe de l’entre-deux-guerres. «Nous avons choisi de parler de deux Frida, l’une via sa relation entre la douleur et l’art, et l’autre via sa découverte des racines du Mexique, l’importance de l’art précolombien dans son oeuvre», explique le réalisateur Giovanni Troilo, joint par téléphone. 

Le documentaire aborde aussi bien la douleur physique, les opérations, les trois avortements qu’a subis l’artiste, que sa capacité à les refléter dans sa production, à travers le retraitement des ex-votos catholiques, les portraits, les larmes, le sang. Il montre des photos et objets peu connus, tirés du fonds du musée Frida Khalo, dans la célèbre «Casa Azul» à Mexico, devenu l’un des trois les plus visités du Mexique. On remarque particulièrement les images tournées par la photographe Lola Alvarez Bravo dans les années 30, avec Frida et Tina Misrachi, fille d’un galeriste en vue. Toutes deux parlent, Frida l’embrassant légèrement, tandis que bientôt elle ferme la porte, les yeux dans la caméra, sans ciller. La séquence en dit beaucoup sur une femme qui endura les infidélités permanentes de son mari, le peintre Diego Rivera, mais eut aussi des relations avec divers hommes et femmes. A compter de cette époque, «j’ai l’impression qu’elle savait parfaitement qu’elle était en train d’écrire son journal, de peindre, pour nous, pour le futur», d’après Giovani Troilo. 

La photographe mexicaine Graciela Iturbide met au jour des clichés inédits de pièces de la Casa Azul fermées pendant environ un demi-siècle, jusqu’en 2004, comme la salle de bains. A leur réouverture, elles regorgeaient d’effets personnels de Frida, laissés intacts. Les oeuvres de l’artiste atteignent aujourd’hui des records aux enchères. Le 17 novembre, «Diego et moi» (1949) s’est envolé pour près de 35 millions de dollars à New York, de loin le tableau le plus cher pour un peintre latino-américain.La sortie du documentaire coïncide avec l’exposition «¡Vida la Frida!», au musée de Drenthe à Assen (nord des Pays-Bas), qui regroupe plus de 40 oeuvres: pour la première fois présentés ensemble, venus de Mexico, des objets du musée Frida Kahlo et des tableaux et dessins du musée Dolores Olmedo.