Géorgie: la chaîne Imedi, symbole des dérives de Saakachvili

Un bâtiment loin du centre de Tbilissi, des policiers qui en barrent l’accès, un écran noir sur les télévisions des Géorgiens: le sort de la chaîne Imedi symbolise les errements d’un pouvoir accusé d’autoritarisme après avoir incarné l’élan démocratique. L’affaire commence au soir du 7 novembre après la répression d’une manifestation d’opposition. «Nous sommes informés que les forces spéciales viennent juste d’entrer dans le bâtiment de Imedi TV», annonce le présentateur en direct avant de disparaître de l’écran. Au siège de la chaîne, des membres des forces spéciales évacuent les journalistes et bouclent les lieux. Le matériel de montage et de diffusion est en partie saccagé ou emporté, selon des témoignages. Dans la foulée, le président Mikheïl Saakachvili décrète l’état d’urgence, levé neuf jours plus tard, vendredi 16 novembre. Mais depuis, Imedi n’a pas recommencé à émettre. Et loin de baisser, la pression s’accentue sur ce média, propriété de News Corp, le géant des médias du magnat Rupert Murdoch, et de l’oligarque et opposant géorgien Badri Patarkatsichvili. La semaine dernière, une première décision de justice a confirmé la suspension de la licence tout en entretenant le flou sur un retrait pur et simple. Selon le tribunal, dont la décision a été fournie par News Corp et par un haut responsable de Imedi, la chaîne est accusée d’avoir relayé les appels à un renversement du pouvoir. Est surtout visé Badri Patarkatsichvili, qui a «exprimé ouvertement un désaccord fort avec le gouvernement légitime de Géorgie».

Aucun article à afficher