Huawei «exhorte» Londres à ne pas décider à la hâte de le bannir du futur réseau 5G

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Le géant chinois des télécoms Huawei a appelé mercredi les autorités britanniques à ne pas décider à la hâte de le bannir du futur réseau 5G en raison des sanctions américaines, avertissant du coût d’une telle décision.
«Nous exhortons le gouvernement britannique à prendre plus de temps» pour réfléchir, a déclaré son vice-président Victor Zhang, lors d’une visioconférence.Selon plusieurs journaux britanniques, le gouvernement britannique souhaite désormais éliminer Huawei de son réseau 5G, après avoir donné fin janvier son feu vert à une participation limitée de l’équipementier sur ses infrastructures non stratégiques. Ce revirement vient notamment d’un rapport britannique sur la sécurité nationale, qui estime que les sanctions américaines prises en mai contre l’équipementier lui causeraient «des difficultés» pour mener à bien, et en toute sécurité, la construction du réseau. Les sanctions prises par l’administration Trump, qui accuse Huawei d’être à la solde de Pékin, sont destinées notamment à couper son accès aux semi-conducteurs fabriqués avec des composants américains. Londres s’inquiète d’un recours du géant chinois à des composants de rechange susceptibles de poser des risques cybersécuritaires. Mais selon Victor Zhang, il «faudra des mois pour comprendre» pleinement «l’impact à long terme» des sanctions américaines.
Pour le vice-président, évincer tout simplement l’entreprise chinoise pourrait retarder l’accès à la 5G de 18 mois dans tout le pays. «Cette décision affectera l’avenir de la stratégie numérique et l’économie numérique du Royaume-Uni», a ajouté M. Zhang, estimant qu’un retard de deux ans coûterait à l’économie britannique 29 milliards de livres (environ 32 millions d’euros au cours actuel).
Outre les sanctions américaines, le Premier ministre Boris Johnson subit une pression politique croissante pour se débarrasser de Huawei et adopter une ligne plus dure avec la Chine, mise en cause pour sa loi de sécurité imposée dernièrement à Hong Kong et accusée de répression à l’encontre de la minorité musulmane ouïghoure.Huawei est déjà omniprésent dans les réseaux britanniques 3G et 4G. Selon les sociétés de télécommunications britanniques, le retrait de tous ses équipements existants pourrait coûter des milliards d’euros et prendre des années.