Huawei signe un accord de licence 4G pour des voitures Volkswagen

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Le géant chinois des télécoms Huawei a annoncé mercredi avoir signé un accord de licence avec un fournisseur de Volkswagen, qui permettra d’utiliser ses technologies 4G dans les véhicules connectés du constructeur allemand. 

Le groupe privé basé à Shenzhen (sud de la Chine) cherche depuis plusieurs mois à se diversifier tous azimuts en raison des sanctions américaines qui perturbent sa chaîne d’approvisionnement et sa production de smartphones. Huawei a présenté le nouvel accord comme le plus important qu’il ait jamais signé dans le secteur automobile. Le nom du fournisseur en question et le montant de la transaction n’ont toutefois pas été révélés. 

L’accord comprend une licence relative aux brevets 4G de Huawei et s’appliquera aux véhicules Volkswagen faisant appel à la connectivité sans fil. Les Etats-Unis, qui accusent le groupe de télécoms de pouvoir espionner pour le compte de Pékin, lui ont interdit l’accès au marché américain. Washington a également coupé Huawei de ses principales chaînes d’approvisionnement et appelé ses alliés à bannir ou retirer ses équipements de leurs réseaux télécoms. 

Le groupe chinois dément fermement les accusations des Etats-Unis et souligne qu’ils n’ont apporté aucune preuve venant étayer leurs affirmations.  L’Allemagne, pour qui la Chine est un marché crucial pour ses exportateurs, n’a pour l’instant pas répondu favorablement aux pressions américaines. «Nous nous réjouissons qu’une société de premier plan dans le domaine des technologies de la communication ait accordé à l’un de nos fournisseurs une licence sur des brevets de communications mobiles essentiels», a réagi Volkswagen dans un communiqué. 

Le géant allemand estime que ce contrat «est un modèle de réussite de la coopération de plus en plus étroite entre l’industrie de la mobilité et celle de l’information et des communications». Les perspectives de développement des voitures connectées donnent lieu à une véritable bataille des brevets entre les constructeurs automobiles et les groupes de télécommunication. Ces derniers estiment que les fabricants doivent s’acquitter d’une redevance pour les technologies utilisées dans les systèmes de navigation, les communications entre véhicules et les voitures autonomes. Les constructeurs de leur côté assurent que ces frais doivent être réclamés à leurs fournisseurs. Ainsi le finlandais Nokia et le constructeur allemand Daimler se sont âprement battus devant les tribunaux allemands sur le niveau des redevances avant de signer un accord mettant aux différentes poursuites il y a un mois. Mastodonte mondial des équipements dédiés aux réseaux de télécommunications et jadis l’un des trois principaux vendeurs de smartphones, Huawei a été contraint de se tourner vers d’autres secteurs d’activité afin de survivre. La firme a par exemple accéléré sa diversification dans l’informatique dématérialisée («cloud») ou les véhicules connectés, au-delà de la 5G où il est déjà un des leaders du marché. Huawei a également lancé le mois dernier son système d’exploitation maison pour ses smartphones, HarmonyOs, après avoir été privé de licence Android, propriété de Google, à la suite des sanctions américaines.