Indexia placée en liquidation judiciaire

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La holding et plusieurs entités du spécialiste des assurances pour téléphones et des services liés aux produits multimédia Indexia ont été placées en liquidation judiciaire mercredi, sonnant quasiment la disparition de ce groupe cerné par les affaires judiciaires. Les décisions prises par le tribunal de commerce de Paris interviennent près d’un mois après la liquidation de la SFAM, l’entité historique du groupe, et alors que le PDG d’Indexia et plusieurs sociétés de son empire doivent être jugés en correctionnelle à l’automne pour pratiques commerciales trompeuses. Les liquidations judiciaires ont été prononcées à l’issue de l’examen à huis clos de chacune des requêtes, dont quatre émanaient du ministère public. Le parquet de Paris demandait la liquidation judiciaire de la holding, Indexia Group, ainsi que des sociétés Indexia Développement, Hubside et Hubside Recycle. Treize autres entités sont concernées, dont la SFAM Roanne et plusieurs affiliées à Hubside, en France, mais aussi en Italie, en Espagne et en Belgique. Ces entités faisaient l’objet de déclarations de cessation de paiement, selon une source proche du dossier. Le PDG du groupe Indexia, Sadri Fegaier, 44 ans, n’était pas présent au tribunal. Son avocat a refusé de répondre à la presse. Se présentant comme «un pur autodidacte» devenu «le plus jeune milliardaire de France», Sadri Fegaier avait fondé en 2010 à Romans-sur-Isère (Drôme) la SFAM (Société française d’assurance multirisque), spécialisée dans les assurances associées à l’achat d’un téléphone ou d’un ordinateur. La liquidation judiciaire le 24 avril de cette importante filiale d’Indexia, dont la dette envers l’Urssaf Rhône-Alpes s’élevait à plus de 14,3 millions d’euros, et qui était en cessation de paiement depuis juin 2023, a entraîné dans son sillage celle d’autres entités. «Voila, c’est fini», a lâché une représentante des salariés de Hubside.Store Grand Nord après son placement en liquidation judiciaire mercredi. Le réseau de magasins Hubside.Store avait été lancé en 2020 par Sadri Fegaier pour la vente ou le reconditionnement d’appareils multimédia. Egalement liquidée, la SFAM Roanne employait 160 personnes «sans activité et sans salaire» depuis plusieurs semaines, selon l’avocate des représentants du personnel. «Au moins, les choses sont clarifiées pour nos contrats de travail. On sait que dans les prochains jours, on va pouvoir toucher les salaires» non versés ces dernières semaines, a déclaré Nicolas Zeimetz, délégué CFDT. Pour lui, «tout» l’empire «va tomber». Selon la CFDT, le groupe Indexia (SFAM, Hubside, Celside, etc.) comptait en 2019 environ 1.800 salariés dont 828 à Romans-sur-Isère, où il est l’un des principaux employeurs privés. Le groupe a notamment vendu des assurances dites affinitaires dans les magasins Fnac-Darty entre 2017 et 2019. Les consommateurs pouvaient souscrire un contrat pour assurer un téléphone ou un ordinateur, souvent pour une quinzaine d’euros par mois. Des années plus tard, ils sont des centaines à avoir vu les prélèvements se multiplier, atteignant jusqu’à des dizaines de milliers d’euros au total, de la SFAM et d’autres filiales, dont Foriou, Hubside et Serena, sans avoir signé d’avenant ou assurant n’avoir même jamais signé pour un contrat d’assurance. Des clients abusés avaient alerté l’association de consommateurs UFC-Que Choisir et transmis des signalements à la répression des fraudes, qui avait ouvert une enquête en 2018. Celle-ci s’était soldée en 2019 par une transaction pénale de 10 millions d’euros acceptée par la SFAM. Les signalements à l’encontre du courtier s’étaient poursuivis et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avait diligenté une nouvelle enquête. Elle a abouti au renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris du PDG Sadri Fegaier et de six de ses sociétés. Ils comparaîtront du 23 septembre au 2 octobre pour pratiques commerciales trompeuses.