Israël: la police israélienne a piraté le téléphone d’une personne avec le logiciel controversé Pegasus, selon une enquête

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La police israélienne a piraté le téléphone d’une personne avec le logiciel controversé Pegasus, ont annoncé lundi des enquêteurs, affirmant cependant qu’elle a toujours agi sur ordre de la justice.
Le quotidien économique «Calcalist» avait affirmé début février que la police avait pris le contrôle à distance du smartphone de citoyens israéliens via ce logiciel espion développé par la société israélienne NSO, sans mandat.
«Comme le montrent les vérifications de l’équipe concernant les numéros (de téléphone) qui existent dans la base de données internes de Pegasus, (ceux de) deux personnes dont la cour avait ordonné la mise sur écoute électronique ont été retrouvés», a déclaré la procureure générale adjointe Amit Merari. «En ce qui concerne l’un d’eux (…), le piratage a réussi», a-t-elle ajouté.
D’après Calcalist, le logiciel a notamment été utilisé contre Avner Netanyahu, un des fils de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, des conseillers médiatiques de ce dernier, des journalistes de premier plan et des maires.
«Les contrôles technologiques ont prouvé qu’il n’y avait aucune indication comme quoi la police israélienne a utilisé le système Pegasus pour pirater, sans ordre du tribunal, le téléphone portable d’une des personnes de la liste publiée dans la presse», a affirmé Mme Merari. «Il est prévu que les vérifications se poursuivent», a écrit l’équipe de Mme Merari.
Lundi, «Calcalist» a annoncé vouloir «examiner de nouveau les conclusions (…) publiées» dans le quotidien.
Le Premier ministre israélien Naftali Bennett avait promis le 7 février une «réponse» aux accusations visant la police, estimant que les informations «si elles sont vraies, sont très sérieuses».
Pegasus ne doit pas «être utilisé contre des citoyens», avait-il ajouté.
NSO est également dans le collimateur d’enquêtes publiées à l’été 2021 par un consortium de 17 médias internationaux affirmant que son logiciel Pegasus avait permis d’espionner les téléphones de journalistes, d’hommes politiques parmi lesquels des chefs d’Etat, des militants et des chefs d’entreprises dans différents pays.