J. F. LAMBERT (Readly) : «Nous veillons à offrir un contenu extrêmement diversifié»

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Readly, le leader européen des kiosques numériques, a annoncé l’intégration de plusieurs titres de l’une des plus grandes maisons d’édition en France : Reworld Media. Soixante-neuf magazines sont dorénavant disponibles sur l’application depuis le 13 juin 2023, dont des titres aussi populaires que «Closer», «Biba», «Science & Vie», «Top Santé», «Auto Plus», «Nous Deux», «Psychologies» et «Marie France». Entretien avec Jean-Frédéric LAMBERT, Directeur Général de Readly France.

Comment se porte Readly en France ?

Nous sommes très satisfaits de notre implantation dans l’Hexagone. Cela représentait un défi parce que la France est un marché très particulier dans le monde de la presse, l’un des plus grands d’Europe. Depuis notre lancement en novembre 2022, le portefeuille de contenus français de Readly n’a cessé de s’étoffer. Avec 69 titres intégrés de Reworld Media, les abonnés des 50 marchés de Readly peuvent désormais profiter de 637 magazines français et de 96 journaux, y compris les éditions locales.

Comment avez-vous abordé le processus de négociation avec Reworld Media pour intégrer leurs titres à votre plateforme ? 

Reworld Media est l’un des principaux éditeurs de magazines et possède un portefeuille impressionnant de marques dans des catégories phares. Il s’agissait d’un sujet stratégique de trouver un accord avec eux. Nous avions déjà établi une relation grâce à leur partenariat sur ePresse (devenu Readly), même si le contexte était un peu différent. L’intégration sur notre plateforme représentait un enjeu majeur, car cela permettrait à Reworld d’atteindre le marché français et d’être distribué dans le reste du monde, où nous comptons près de 450.000 abonnés payants et une base d’utilisateurs dépassant les 3 millions. Nous avons dû clairement expliquer les avantages que nous apportions en termes de visibilité, de marketing et d’audience. Les éditeurs sont souvent réticents à intégrer de nouvelles plateformes en raison de leurs propres capacités de distribution, mais nous avons réussi à leur présenter notre modèle économique basé sur le partage de revenus et à les rassurer sur les bénéfices potentiels de cet accord.

Reworld Media bénéficiera des données que vous collectez. Pouvez-vous préciser quelles informations vous partagez avec vos partenaires éditeurs ?

Nous fournissons des statistiques de consommation anonymisées. Notre back-office est extrêmement puissant. Il offre aux éditeurs une vision claire de ce qui a été lu. Nous pouvons analyser combien de pages ont été consultées, quel contenu a été vu et pendant combien de temps. Cela permet par exemple de mesurer l’efficacité d’un reportage et de réfléchir à leur propre ligne éditoriale. De plus, nous leur permettons de voir comment leur titre se positionne et performe dans sa catégorie.

Comment utilisez-vous les données collectées pour optimiser votre marketing et votre planification de contenu ? 

L’enjeu est de nous assurer que les utilisateurs aient envie de lire. Nous cherchons à identifier les lecteurs qui utilisent notre plateforme de manière un peu limitée, ceux par exemple qui se concentrent sur un titre en particulier. Notre objectif est de détecter les profils similaires et de leur offrir une sélection de lectures personnalisées dans l’application, un peu à la manière des playlists musicales. C’est une technique que nous utilisons pour assurer la fidélité de nos abonnés sur le long terme.

Quels sont les critères de sélection des magazines que vous intégrez à Readly ? 

Notre promesse est d’offrir aux utilisateurs une large diversité de titres, couvrant toutes les catégories : actualité, sport, culture, arts, loisirs et bien d’autres. Cependant, nous nous attachons à ce que le contenu soit de qualité. Nous avons donc un processus de sélection rigoureux et n’intégrons pas tous les contenus, d’autant plus que nous opérons sur un modèle de partage de revenus avec les éditeurs. Notre objectif est de maintenir et d’enrichir un catalogue aussi vaste que qualitatif.

En vous basant sur les catégories les plus populaires parmi vos lecteurs français, quels sont les titres de magazines que vous envisagez d’intégrer à l’avenir ? 

Une spécificité du marché français est l’importance de la presse quotidienne nationale et régionale. Cela peut représenter jusqu’à 60% de la consommation de lecture. Nous travaillons donc activement pour enrichir cette partie de notre catalogue, car nous savons que c’est un segment très efficace et source de fidélité des lecteurs. Nous avons déjà plusieurs titres de ce type et sommes en train de les augmenter progressivement. Nous sommes en discussions avec tous les acteurs de la presse quotidienne et hebdomadaire régionale. Parallèlement, nous travaillons minutieusement sur les différentes catégories pour identifier de nouveaux titres potentiels et convaincre les éditeurs de nous rejoindre. Nous ciblons aussi bien les grands éditeurs que ceux ayant des titres de niche.

Votre stratégie d’intégration de nouveaux titres est-elle la priorité ?

La clé du succès réside dans la richesse et la diversité du contenu. Si la plateforme ne proposait que des titres phares, elle ne survivrait pas longtemps. Nous veillons donc à offrir un contenu extrêmement diversifié, avec des fréquences de publication variées pour maintenir l’intérêt de notre lectorat. Actuellement, nous comptons près de 650 titres, mais nos ambitions vont bien au-delà. En France, plus de 3.000 titres de presse magazines et journaux sont disponibles, il nous reste donc encore du chemin à parcourir. Nous sommes en discussions avancées avec de nombreux éditeurs pour continuer à enrichir notre catalogue. Nous devrions faire des annonces d’ici quelques mois.