L.E. LE LAY (France Télévisions) : «Le rugby est un sport qui rajeunit l’audience traditionnelle de la télévision»

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Composante essentielle des antennes de France Télévisions, le sport tient une place à part entière sur le service public. Hier matin, le dispositif du Tournoi des 6 Nations, qui débute à partir du samedi 1er février 2020, a été présenté à la presse. L’occasion de nous entretenir avec Laurent-Éric LE LAY, Directeur des sports de France Télévisions.

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Quelle est votre ambition sur le rugby ?

LAURENT-ÉRIC LE LAY

Le rugby fait partie de l’histoire intrinsèque de France Télévisions. C’est un des grands sports français qui a tendance à rajeunir l’audience traditionnelle de la télévision. Notre ambition est de raconter la nouvelle histoire de l’Équipe de France de rugby, son retour vers le sommet à la fois entre l’organisation de la Coupe du Monde de Rugby (qui aura lieu dans 4 ans), la mise en place d’un nouveau staff et l’arrivée d’une nouvelle génération. Sans oublier l’arrivée imminente du Tournoi des 6 Nations (masculin, féminin et des moins de 20 ans) à partir du samedi 1er février, à la fois sur France 2 et France 4 et avec une toute nouvelle équipe. Nous sommes heureux d’accueillir Dimitri Yachvili, Vincent Clerc et Benjamin Kayser.

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Le Tournoi des 6 Nations est diffusé plutôt le week-end et en journée. Pourquoi ?

LAURENT-ÉRIC LE LAY

C’est la tradition. Mais il nous arrive de programmer une rencontre de l’Équipe de France en Prime Time. C’est un moyen de toucher d’autres téléspectateurs pour en convertir certains au rugby. Notre rôle est aussi de proposer de grands matchs à un moment où le maximum de public est disponible.

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En 2017, 4 matchs du Tournoi étaient retransmis sur Twitter. Pourquoi ne pas réitérer l’expérience ? 

LAURENT-ÉRIC LE LAY

Parce que nous couvrons tous les événements sportifs sur le digital. En outre, les réseaux sociaux ne sont pas très adaptés pour consommer du live. Il s’agit néanmoins de l’outil idéal pour informer sur un match ou revivre des séquences. Mais rien de mieux que la télévision pour regarder le sport.

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Le sport féminin est-il une mode ou une tendance de fond ?

LAURENT-ÉRIC LE LAY

Le sport féminin existe depuis longtemps. C’est le cas avec le tennis féminin et les Jeux Olympiques. On ne se pose pas la question des hommes ou des femmes.

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Les cartes n’ont-elles pas été rebattues avec la Coupe du Monde de Football féminine ?

LAURENT-ÉRIC LE LAY

Le succès du football féminin à travers une manifestation comme la Coupe du Monde montre à quel point le sport féminin – dans sa version la plus populaire – a un potentiel. Maintenant, il faut que d’autres matchs tout aussi passionnants soient proposés, organisés dans des stades plus ambitieux avec des retransmissions audiovisuelles à la hauteur. Au-delà de l’aspect médiatique, les clubs doivent aussi s’investir. Toute une mécanique doit se mettre en place.

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Comment envisagez-vous la fermeture de France 4 et France Ô cet été ?

LAURENT-ÉRIC LE LAY

Nous travaillons à repositionner les futurs événements sportifs. Pour cela, nous allons continuer à diffuser nos sports en linéaire sur France 2 et France 3. De plus, France 5 pourrait ponctuellement s’ouvrir au sport. Et puis il y a le numérique qui peut représenter une alternative pour des diffusions enrichies ou complémentaires.

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Mais le numérique n’a pas la puissance d’un mass-média comme France 2 ou France 3…

LAURENT-ÉRIC LE LAY

Tout cela est une affaire de complémentarité et de timing. La télévision ne va pas disparaître et restera un mass-média. La télévision, c’est l’art de rassembler en tenant compte de la diversité de nos offres et de nos publics. Les transitions entre France.tv et les chaînes linéaires se feront naturellement, comme aujourd’hui nous passons facilement un événement de France 2 à France 3. 

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Proposer de l’e-sport en linéaire, vous y pensez ?

LAURENT-ÉRIC LE LAY

La question s’est posée. On veut absolument travailler sur l’e-sport. Mais c’est une discipline très communautaire. La télévision n’est pas toujours le meilleur médium pour retransmettre des événements e-sport en direct. Il serait compliqué d’expliquer le principe aux non-initiés et à ceux qui ne jouent pas.

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Un dernier mot sur «Tout le sport» et «Stade 2» ?

LAURENT-ÉRIC LE LAY

Le service public est au service du sport français. Notre rôle est de parler de l’ensemble des sports. C’est pourquoi, «Stade 2» dispose aujourd’hui d’une case de programmation ambitieuse de 20h à 21h sur France 3. On arrive à capter une audience qui monte à plus de 3 millions de téléspectateurs. La deuxième ambition est de parler de l’humain, d’hommes et de femmes qui pratiquent du sport. C’est grâce à des histoires que nous pouvons intéresser le plus grand nombre.