L’appétence des lecteurs pour le numérique se confirme dans la presse française

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L’appétence des lecteurs pour le numérique se confirme dans la presse française, qui a vu ses ventes reculer de 2,9% en 2021, année toujours marquée par les restrictions sanitaires.Avec 1,9 milliard d’exemplaires (papier et numérique) vendus, la presse grand public a enregistré une baisse un peu plus forte qu’en 2020 (où elle était de -1,5%), selon un communiqué de l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM) publié jeudi. 

Comme en 2020, «la pandémie et son cortège de restrictions sanitaires – qui ont provoqué la fermeture ou la faible accessibilité de nombreux points de vente – a renforcé en 2021 la transition du papier vers le web», a déclaré Franck Dimey, directeur responsable de la diffusion à l’ACPM. Ainsi, les ventes de journaux et magazines dans leur version numérique, qui représentent 417 millions d’exemplaires au total, ont bondi de 19,2% par rapport à 2020. Les quotidiens nationaux, qui ont commencé plus tôt que les autres titres et notamment leurs cousins régionaux à investir dans le numérique, continuent d’en récolter les fruits: leurs ventes augmentent de 5,4% – donc à contre-courant de la tendance générale à la baisse – à 1,4 million d’exemplaires par jour, dont environ les deux tiers sont maintenant en numérique (928.000 exemplaires, +20%). Deux d’entre eux enregistrent une croissance à deux chiffres: «Libération» (+18,5%) et «Le Monde» (+13,5%). Et désormais, pour chacun des deux, la part du numérique dans la diffusion payée en moyenne en France représente peu ou prou les trois quarts du total: «Libération» (66.839 versions numériques sur 90.354 exemplaires), «Le Monde» (345.092 sur 445.894). «Le Figaro» les suit avec une croissance des ventes de 5,1%, avec 233.023 versions numériques pour 347.088 exemplaires au total. Ces 3 quotidiens ont d’ailleurs augmenté en ce début d’année leurs tarifs en kiosque, ce qui ne devrait pas stimuler leur diffusion sur papier. La presse quotidienne régionale s’est en revanche «digitalisée» plus tard. «Leur 1er canal de diffusion, c’est le papier avec la livraison à domicile par portage: ils maîtrisent leur distribution, leur impression, donc ils ont investi dans le numérique après leurs cousins nationaux. Ils suivent cependant la même évolution», observe M. Dimey.Dans leur ensemble, les quotidiens régionaux (7e jour compris) ont enregistré un repli de leurs ventes de 2,3%, à 6,6 millions d’exemplaires par jour, mais un bond de près de 21% pour les versions numériques (un million d’exemplaires). Parmi eux, «Ouest-France» fait partie des rares journaux à enregistrer une progression, quoique faible: +0,5% avec 629.935 exemplaires vendus, dont 96.764 pour le web. 

Quant à la presse magazine, sa diffusion baisse de 5,4% à 709 millions d’exemplaires, dont 116 millions de versions numériques (+15,3%). «C’est un secteur où l’on paye particulièrement le contrecoup de la crise sanitaire», a observé M. Dimey. Et de souligner le problème de fréquentation des points de vente: «Les gens ne pouvant pas voyager, les kiosques dans les gares et les aéroports, où beaucoup de magazines sont écoulés, ont été très peu fréquentés». Malgré l’engouement pour le numérique, le papier ne devrait pas disparaître. «Il y a encore un fort attachement lié à la qualité du produit. Les éditeurs ne nous parlent pas d’arrêter le papier», note M. Dimey, qui souligne notamment que la publicité a «beaucoup plus d’impact» sur le papier que sur le web.