LCI reconnaît une présentation «maladroite» de Me Yassine Bouzrou, l’avocat de Piotr Pavlenski

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LCI a reconnu jeudi une présentation «maladroite» de Me Yassine Bouzrou, l’avocat de Piotr Pavlenski, après la diffusion la veille d’une infographie sur son parcours où on le voyait coiffé d’un bonnet d’âne, qui a provoqué l’ire des avocats.

«Nous souhaitons revenir sur une séquence présentée hier qui a beaucoup fait réagir. Il s’agissait de retracer le parcours de Me Yassine Bouzrou, l’avocat de Piotr Pavlenski. La forme, les illustrations, en étaient maladroites et ont pu sembler peu respectueuses», a indiqué au début de l’émission de 14H sur LCI la journaliste Valentine Desjeunes. «Si nous avons blessé Me Bouzrou, nous en sommes désolés. Mais il n’y avait pas d’intention de nuire. Il s’agissait au contraire de souligner le parcours hors normes de Me Bouzrou. La chronique souhaitait simplement s’attacher à retracer le parcours singulier d’un avocat sous le feu des projecteurs en ce moment», a-t-elle poursuivi. «La forme n’était pas la bonne, nous tenions à vous le dire aujourd’hui», a-t-elle répété.

Sollicité, Me Bouzrou, un habitué des dossiers médiatiques, a dénoncé une infographie «lamentable» et annoncé qu’il allait saisir le Conseil suéprieur de l’audiovisuel (CSA). Le CSA a de son côté confirmé qu’il avait été saisi par Me Bouzrou. L’avocat a notamment défendu Tariq Ramadan, au début du dossier où l’islamologue suisse est mis en examen pour viols. Il est également l’avocat de la famille d’Adama Traoré, un jeune homme décédé en 2016 dans le Val-d’Oise après une course-poursuite avec les forces de l’ordre ou encore de parties civiles dans l’enquête sur le crash du vol Rio-Paris.

La diffusion de cette infographie, où l’on voyait le visage de Me Yassine Bouzrou coiffé d’un bonnet d’âne et barré du mot «Renvoyé» pour illustrer le fait qu’il ait «enchaîné les déboires scolaires», tout en expliquant qu’il venait d’une «famille marocaine extrêmement modeste» et qu’il avait «grandi dans une cité», a provoqué de nombreuses réactions sur Twitter, notamment chez les avocats.

«Cette présentation est particulièrement dégradante. Un avocat ne se définit pas (que) par son parcours scolaire, son origine sociale ou familiale. La robe fait écran à tout cela. Dommage que l’écran et ceux qui l’animent l’oublient», a twitté la présidente du Conseil national des barreaux Christiane Féral-Schuhl, menaçant elle aussi de saisir le Conseil suéprieur de l’audiovisuel.Le barreau de Paris a annoncé sur le réseau social qu’il s’associait au CNB «dans sa démarche auprès du CSA». La directrice de la rédaction de la chaîne d’information du groupe TF1, Valérie Nataf, a reconnu sur le réseau social jeudi «qu’effectivement, cette présentation est pour le moins maladroite».