Le phénomène «Mad Men» décrypté sur Canal+

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    «Mad Men», la série de la petite chaîne américaine AMC sur le monde des publicitaires new-yorkais des sixties n’est plus seulement culte: en trois saisons, elle est devenue un véritable phénomène culturel. Mode, mobilier de l’époque, Barbies ou cocktails «Mad Men» : la folie «Mad Men» bat son plein aux Etats-Unis. Un documentaire, «L’effet Mad Men» réalisé par Fabien Constant pour Canal+ décode cette singularité lors de sa diffusion le 9 septembre à 22h25. Pub, tabagisme, alcool et sexe sont les thèmes clés de cette série totalement politiquement incorrecte. Avec en filigrane le racisme, la misogynie, l’homophobie, la ségrégation, la solitude. On y boit, on y fume -même les femmes enceintes-, et on trompe son épouse avec sa secrétaire. Le tout sans grand rebondissement et dans un rythme volontairement lent. L’élégant Don Draper (Jon Hamm) travaille chez Sterling Cooper, prestigieuse agence de publicité de Madison Avenue. Le soir, il regagne sa confortable maison dans une banlieue chic de la ville où il retrouve Betty (January Jones) sa ravissante épouse femme au foyer et ses deux beaux enfants. Mais au-delà de ces clichés de rêve américain, cette famille modèle n’est pas si heureuse… Comme les autres personnages de «Mad Men» qui vivent avec des désirs qu’ils refoulent, ou assouvissent, et des secrets qu’ils ne voudraient pas révéler au grand jour. Tous ont une blessure. Matthew Weiner, qui a écrit et produit la série, admet ne pas comprendre un tel succès. «C’est un public inattendu qui regarde, il y a des jeunes de 18 ans qui regardent (…) la mode, l’époque, les boissons, le fait que c’est politiquement incorrect. Mais quand j’ai parlé aux gens, en fait ce qu’ils aiment c’est l’aliénation, la solitude», dit-il dans le documentaire.