Les écoles françaises de journalisme veulent s’ouvrir socialement

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Les écoles françaises de journalisme multiplient depuis quelques années les initiatives pour davantage s’ouvrir socialement, mais le chemin est long tant la sélectivité scolaire et sociale de ces écoles était forte au milieu des années 2000, indique une étude. Préparations aux concours gratuites pour des étudiants modestes, changements de modalités de concours, réduction des frais de concours et d’inscriptions pour les étudiants boursiers, développement de l’apprentissage: de tels dispositifsont fleuri depuis 2007 dans plusieurs écoles. C’est qu’au milieu des années 2000, les conditions d’entrée dans les formations étaient très «sélectives scolairement et socialement», selon une étude des sociologues Géraud Lafarge et Dominique Marchetti publiée dans la revue «Actes de la recherche en sciences sociales» de septembre 2011. «A l’instar de l’espace des étudiants des grandes écoles, le microcosme des écoles de journalisme reconnues se présente comme un univers de plus en plus fermé», ont-ils conclu à partir de questionnaires soumis en 2004-2005 à 328 élèves des 12 écoles alors reconnues. «La forte montée du capital scolaire dans les conditions d’accès aux formations au journalisme les plus réputées accroît les processus de sélection sociale, comme en témoigne l’augmentation sensible de la part des enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures».