L’ex-Premier ministre canadien Brian Mulroney appelle Ottawa à «repenser urgemment» sa relation avec la Chine

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L’ancien Premier ministre conservateur canadien Brian Mulroney a appelé Ottawa à «repenser urgemment» sa relation avec la Chine, actuellement en crise en raison de la procédure d’extradition vers les Etats-Unis engagée contre une dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei.
Dans une interview au quotidien «The Globe and Mail», M. Mulroney a soutenu son successeur libéral Justin Trudeau pour avoir rejeté les appels en faveur d’un échange entre la dirigeante de Huawei, Meng Wanzhou, et deux Canadiens emprisonnés en Chine et accusés d’espionnage, l’ancien diplomate Michael Kovrig et le consultant Michael Spavor.
La vision canadienne selon laquelle la Chine deviendrait un partenaire constructif dans les relations internationales ne tient plus, a noté M.Mulroney en évoquant notamment la militarisation de la mer de Chine méridionale.
«Cela se voit partout: de la mer de Chine à nos deux concitoyens emprisonnés dans le seul but de protester contre une décision d’extradition à Vancouver (…) il faut repenser immédiatement et urgemment l’ensemble de notre relation», a-t-il dit.
«Nous avons un traité d’extradition avec les Etats-Unis. On nous a demandé de l’honorer. C’est ce que nous avons fait et ce que nous devions faire», a-t-il jugé, avant d’ajouter: «cela veut aussi dire que les Américains et d’autres devraient nous aider, et travailler avec nous pour faire libérer nos concitoyens».
Mme Meng avait été interpellée en décembre 2018 à Vancouver à la demande des Etats-Unis qui l’accusent d’avoir contourné les sanctions contre l’Iran et de fraude bancaire.
MM. Kovrig et Spavor avaient été arrêtés quelques jours plus tard et leur détention est considérée en Occident comme une mesure de représailles pour l’arrestation de Mme Meng, ce que Pékin dément.
M. Mulroney a d’autre part estimé que le Canada devrait écarter Huawei du déploiement de la 5G au Canada, afin de ne pas risquer d’être privé des échanges de renseignements pratiqués entre les pays des «Five Eyes» (Etats-Unis, Royaume uni, Australie, Nouvelle Zélande et Canada).
Washington soupçonne Huawei de pouvoir se livrer à de l’espionnage au profit de Pékin et appelle fermememnt ses alliés à empêcher l’entreprise d’accéder au marché de la 5G.