Mediaset se dit encore «ouvert à une proposition» de Vivendi

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Le patron de Mediaset, Pier Silvio Berlusconi, a affirmé jeudi que le groupe italien de télévision était encore «ouvert à une proposition» de Vivendi qui puisse «créer de la valeur et de la croissance».

Les deux groupes avaient annoncé un accord en avril prévoyant des prises de participation croisées à hauteur de 3,5% et le rachat du bouquet payant Mediaset Premium par Vivendi. Mais en juillet, ce dernier a renoncé à cet accord, entraînant un bras de fer entre les deux sociétés.

Vivendi est monté en décembre à quasi 30% du capital de Mediaset, une escalade qualifiée d’«hostile» par la famille Berlusconi, qui a saisi la justice et les instances de régulation. «Mediaset est ouvert à toute proposition qui puisse créer de la valeur et avoir un sens industriel», a affirmé Pier Silvio Berlusconi, dans un entretien à des journaux italiens, en précisant néanmoins qu’«aucune proposition allant dans cette direction n’est arrivée». «Il est vrai qu’aujourd’hui, avec tout ce qui s’est passé, et après avoir travaillé pendant des mois à ce qui était la meilleure solution (l’accord signé en avril, NDLR), il y a un peu de scepticisme», a-t-il ajouté. Il indique ne «s’attendre à rien» de Vivendi, après les événements passés.

«Même durant ma rencontre avec (le président du directoire de Vivendi) Arnaud de Puyfontaine, qui a eu lieu par courtoisie, il y a eu seulement une vague allusion à un possible accord avec Tim (Telecom Italia)», dont Vivendi est actionnaire à près de 25%. Mais il a indiqué que Mediaset n’était pas intéressé par un échange de participations avec l’opérateur italien.

«Ce qui pouvait nous intéresser était d’offrir à une compagnie de télécommunications des contenus premium afin de porter les abonnements 4G», a-t-il dit. Mercredi à Londres, Mediaset a présenté aux analystes financiers son plan stratégique 2017-2020, qui vise une hausse cumulée de l’Ebit sur trois ans de 468 millions d’euros et une augmentation de sa part dans le marché publicitaire de 37,4% à 39%.

Ce plan, qui prévoit notamment le développement de contenus en propre et de partenariats internationaux, ressemblait à un message directement adressé à Vivendi, pour montrer que le groupe continuait à avancer et restait aux commandes, malgré les événements des derniers mois.

Début janvier, les analystes de Natixis – banque qui a aidé Vivendi à monter au capital de Mediaset – avaient évoqué comme accord possible une double OPA amicale du groupe français sur Mediaset et Mediaset Espana, suivi d’un transfert à Fininvest (la holding de la famille Berlusconi) de 51% de la télévision en clair.

Selon ce scénario, les Berlusconi continueraient ainsi à avoir un contrôle majoritaire sur la télévision en clair, tandis que Vivendi disposerait du reste des actifs (TV payante, production).