MediSat1 offre désormais une information en continu pour le Maghreb

Chaîne satellitaire d’information à vocation maghrébine, Medi1Sat offrira à partir d’aujourd’hui son visage définitif en alternant journaux d’actualité, grands reportages et magazines sur l’évolution des sociétés en Afrique du Nord. «En décembre, nous avons commencé avec le coeur de réacteur, c’est-à-dire les journaux du soir, puis nous avons élargi nos programmes. Le 21 mai, nous plaçons le dernier étage de la fusée et nous diffuserons de 07h00 à minuit», explique le patron de la chaîne, le Français Pierre Casalta. Installée dans 4 650 m2 de bureaux au milieu de la zone franche de la cité balnéaire de Tanger, cette chaîne télévisée franco-marocaine, qui a la particularité d’alterner les informations en français et en arabe, fonctionnera à plein régime avec 365 personnes, dont 50 journalistes. Chaque jour, en début de soirée, elle présentera un grand reportage sur des événements mondiaux, mais l’une de ses spécificités sera une émission intitulée «Aujourd’hui, rencontre avec». Il s’agit d’entretiens avec les grandes signatures d’Afrique du Nord, qui parleront de l’évolution des sociétés maghrébines et des populations immigrées en Europe. «Nous allons aborder tout ce qui constitue l’expression des sociétés civiles maghrébines», souligne M. Casalta. Autre nouveauté: une émission sportive quotidienne en collaboration avec la chaîne française du journal «L’Equipe» ainsi que cinquante portraits de personnalités maghrébines ou africaines qui seront diffusés vers la fin de l’année, en coproduction avec des agences de documentaires. «La gageure, c’était de tout faire en même temps: recruter et former des techniciens et journalistes tout en créant de toutes pièces une télévision en deux langues. Je pense que le pari est réussi», estime Pierre Casalta. Mais il faudra du temps pour en récolter les fruits. «Nous arrivons dans un ciel satellitaire extrêmement encombré, d’où la difficulté à se tailler une place. Deux ans sont nécessaires pour installer la notoriété de la chaîne et créer une véritable audience», dit ce Corse, qui, en 1981, avait lancé avec succès Medi1, radio en français et en arabe très écoutée dans la région.La nouvelle chaîne va se placer sur le bouquet de Canal Satellite et les opérateurs câblés en France afin de toucher les populations immigrées. Elle montera également sur NileSat Atlantique pour améliorer la réception en Algérie, en Tunisie et en Afrique de l’Ouest. «Les gens apprécient la qualité et le caractère international de nos informations, présentées par des journalistes essentiellement originaires du Maghreb et de France», souligne Pierre Casalta. «Je crois que nous devenons une télévision de référence car nous présentons des informations avec suffisamment d’objectivité pour être acceptées dans les pays limitrophes», ajoute-t-il. Le Maghreb, qui aspire à devenir une entité politique, est rongé par les dissensions intérieures, notamment le conflit qui oppose le Maroc et l’Algérie à propos du Sahara occidental. «Ici, les gens s’intéressent à leurs voisins et à l’Europe en raison de la population immigrée. S’il y a un jour un grand marché, cela se fera au niveau du Maghreb et non de tout le monde arabe», estime M. Casalta. Le coût total de la construction et des équipements techniques ultra-performants s’élève à 14 millions d’euros. Quant aux frais de fonctionnement annuels, ils sont estimés à 15 millions d’euros, et devraient être financés à terme par la publicité. Le capital de Medi1Sat est majoritairement marocain: 26% à Maroc Telecom, 26% à la Caisse des dépôts et de gestion (CDG, publique), 14% à la radio Medi1 et 34% à un consortium français, la CIRT, qui compte la Caisse des dépôts et consignation.

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