Orange reste vigilant sur l’accès des industriels au futur réseau 5G

99

Orange reste vigilant sur l’accès des industriels au futur réseau 5G, qui ne doit pas devenir un moyen pour les Gafa d’ouvrir des services sans passer par les opérateurs télécom, ont indiqué lundi à Paris deux dirigeants de l’entreprise. Le gouvernement et l’autorité de régulation des télécoms sont en train de mettre la dernière main au processus d’attribution des fréquences 5G aux opérateurs télécoms, qui va avoir lieu d’ici le début de 2020.

A la différence de l’Allemagne, la France ne prévoit pas de réserver des fréquences à de grands industriels exploitant leur propre réseau en interne. Mais les opérateurs télécoms auront l’obligation de faciliter l’accès des industriels aux fréquences pour leurs propres applications, suivant des modalités que l’Arcep est en train de finaliser. 

«Nous avons fait des remarques sur les conditions d’attribution des fréquences (…) notamment la possibilité d’avoir des acteurs qui pourraient emprunter une partie du spectre pour délivrer des services» a expliqué Fabienne Dulac, la directrice générale d’Orange France. Ces conditions, telles que l’Arcep les a proposées pour l’instant, «remettent en cause le rôle des opérateurs et pourraient permettre à des Gafa de se connecter et d’ouvrir des services», a-t-elle estimé lors d’un rendez-vous avec la presse. «Nous voulons éviter que pour servir» les industriels, «on ouvre une brèche» qui profiterait aux Gafa (les géants américains du numérique Google, Amazon, Facebook et Apple) et «déstabiliserait tout l’écosystème», a renchéri Marc Blanchet, le directeur technique d’Orange France. La 5G doit permettre de transmettre plus rapidement de beaucoup plus grandes quantités de données que la téléphonie mobile actuelle. Elle doit permettre le développement de technologies futuristes, comme l’intelligence artificielle, les véhicules autonomes ou les usines automatisées.

L’Arcep espère un premier déploiement commercial dans quelques grandes villes françaises à la fin de 2020 et la couverture des deux tiers de la population d’ici 2026.

Les deux dirigeants d’Orange France ont confirmé que l’opérateur serait prêt pour commencer un déploiement commercial en 2020, mais souligné que la décision de se lancer dépendrait aussi de la disponibilité de téléphones compatibles, et de «l’appétence des clients». «Vendre du réseau 5G alors que globalement on aura peu de villes» équipées et «pas d’équipements» (smartphones) disponibles, «ça n’a pas de sens», a indiqué Mme Dulac. Le dernier-né de la gamme des smartphone Apple, présenté la semaine dernière, «n’est pas 5G compatible», a-t-elle rappelé. «Oui nous pourrons être prêts», mais «nous déciderons d’être prêts le jour où cela aura du sens et où on aura une offre à faire», a-t-elle dit.