Ouest-France arrête la version numérique «Normandie»

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Le quotidien régional «Ouest-France» a décidé d’arrêter la version numérique de son édition «Normandie» en Seine-Maritime et dans l’Eure après avoir déjà cessé en octobre son édition papier, a indiqué jeudi la direction du journal. Le plus grand quotidien régional français est distribué partout en Bretagne et reste aussi dominant en Basse-Normandie (Manche, Calvados et Orne). Il tente avec difficulté de pénétrer le marché de l’ancienne Haute-Normandie, dominé par le quotidien «Paris-Normandie».En octobre, les ventes décevantes de l’édition papier «Normandie» de Ouest-France, de Rouen à Evreux, avaient déjà entraîné son arrêt dans cette zone. Depuis le 14 janvier, c’est la version numérique que le quotidien a décidé d’interrompre. «Il s’agit d’une optimisation opérationnelle et d’une rationalisation», a expliqué Philippe Toulemonde, directeur général délégué, soulignant que 9 éditions, à la fois en papier et numérique, diffusées dans le Pays d’Auge-Baie de Seine (Calvados), continuent à diffuser des pages «Normandie» avec de l’information locale. Les lecteurs de Haute-Normandie peuvent avoir accès à ces éditions numériques. A Ouest-France, on se refuse à parler de repli et on définit cette mesure comme une étape dans un processus long pour s’implanter dans la zone. «C’est long. On le savait. On avait un rendez-vous institutionnel» avec la nouvelle région (la Normandie réunifiée), «on a répondu présent et on est encore dans l’apprentissage commercial», a observé M. Toulemonde. «Ouest-France» avait franchi la Seine fin 2015 à la faveur de la réunification de la Normandie. Mais le géant breton était arrivé à petits pas, sans ouvrir de nouveaux bureaux, ni à Rouen, ni au Havre, ni à Evreux, ni faire d’information locale, envoyant seulement ses reporters basés en ex-Basse-Normandie réaliser une couverture institutionnelle et des magazines sociétaux et économiques. L’ex-Haute-Normandie est peu fertile pour la lecture de quotidiens: le taux de pénétration y est un des plus faibles de France.