P. ANTOINE (BFM Régions) : «Il faut se distinguer avec des événements locaux en direct»

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Les chaînes du réseau local BFM Régions couvrent désormais un bassin de population de 30 millions d’habitants, soit près d’1 Français sur 2. Le 28 septembre dernier, a été lancée la 10ème chaîne locale du réseau BFM Régions : BFM Normandie après BFM Paris Île-de-France (2016), BFM Lyon (2019), BFM Grand Lille & BFM Grand Littoral (2020), BFM DICI (2020), BFM Marseille Provence, BFM Toulon Var et BFM Nice Côte d’Azur (2021) et BFM Alsace (2022). Tour d’horizon de la stratégie avec Philippe ANTOINE, Directeur des rédactions de BFM Régions (Groupe Altice Media).

MEDIA +

Quelle est la dynamique d’implantation de la marque BFM en région ?

PHILIPPE ANTOINE

Elle est très forte ! Le lancement de BFM Normandie fin septembre 2022 représente la 10ème chaîne de notre réseau local. Depuis maintenant deux ans, nous avons fortement accéléré notre maillage sur le territoire français. Cela fait partie des priorités et des axes de développement du groupe Altice Media.

MEDIA +

Appliquez-vous à chaque fois le même modèle de grille ?

PHILIPPE ANTOINE

Oui, la grande architecture des chaînes est la même. On essaie de ne pas perdre de temps en se posant mille fois les mêmes questions. Nous tentons d’être efficaces tout en faisant de l’information 100% locale. On s’adapte aux territoires et à leurs spécificités. Tous les soirs à 17h45 en région, nous avons des rendez-vous thématiques. Et depuis cette saison, tous les jeudis, chaque chaîne a ses propres émissions.

MEDIA +

Vos effectifs sont-ils similaires d’une chaîne à l’autre ?

PHILIPPE ANTOINE

Globalement, oui. A quelques nuances près. BFM Paris, de par son histoire, sa taille et la population couverte (13 millions d’habitants), nous faisons appel à 26 journalistes. BFM Marseille qui collabore en partie avec Toulon a un effectif de 22 reporters. Sur les autres antennes, nous faisons travailler 18 journalistes. Enfin, les deux plus petites rédactions que sont BFM Normandie et BFM DICI, elles réunissent chacune 13 à 14 journalistes.

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BFM Normandie est la 10ème chaîne de votre réseau. De futurs lancements sont-ils envisagés ?

PHILIPPE ANTOINE

Pour l’instant, nous regardons et discutons avec des acteurs locaux. En France, nous ne pouvons plus lancer de nouvelles chaînes. On doit s’associer ou acheter un réseau existant avec une fréquence. Le lancement d’une future chaîne BFM en région se fera au gré des discussions et des opportunités. Pour la saison 2023, notre principal objectif est de consolider nos 10 chaînes lancées en un temps record afin d’améliorer l’éditorial, développer l’offre commerciale et accentuer notre implantation locale.

MEDIA +

Les chaînes du réseau local BFM Régions couvrent désormais un bassin de population de 30 millions d’habitants. Encore faut-il qu’ils les regardent …

PHILIPPE ANTOINE

La concurrence est forte en effet. Mais plus nous serons en adéquation avec le territoire que l’on couvre, plus l’offre aura de chance d’être regardée. Mi-octobre, nous avons diffusé pour la première fois certains matchs du championnat de France de volley féminin, après un accord entre RMC Sport, la Fédération Française de Volley Féminin, Twitch et BFM Régions. Il faut savoir se distinguer autour d’événements locaux en direct. Notre stratégie est d’être en soutien à ce type d’événements. C’est ça qui nous différencie de l’offre globale des médias en France. On a un vrai rôle à jouer localement puisque nous sommes une caisse de résonance pour ces moments importants économiquement, culturellement, socialement.

MEDIA +

Pour exister en tant que chaîne locale, ça passe davantage par le digital ?

PHILIPPE ANTOINE

Bien sûr ! D’autant que la différenciation entre un média traditionnel et le digital n’a plus grand sens. Nous essayons de raisonner en termes de plateforme. Il y a tellement de façons de regarder la télévision, tellement de temporalité dans la façon dont on consomme l’info… Chaque chaîne locale a une application dédiée pour accéder au direct et revoir les reportages. RMC BFM Play permet aussi un accès à chacune de nos chaînes.

MEDIA +

Sur le digital, vos chaînes locales réunissent jusqu’à 14 millions de visites…

PHILIPPE ANTOINE

Pour un réseau qui est en train de se monter, et des chaînes qui ont pour certaines quelques mois d’existence, ça commence à vraiment chiffrer. Certaines journées, comme la semaine dernière, enregistrent jusqu’à 800.000 visites par jour.

MEDIA +

Quelles passerelles concrètes entre BFM Régions et BFMTV ?

PHILIPPE ANTOINE

Les passerelles sont inhérentes à ce que nous sommes. Sur les actualités nationales, nous travaillons en synergie. Les chefs de bureau (qui dirigent les rédactions) s’appellent tous les jours. Ils sont en lien avec la rédaction de BFMTV. Ils se répartissent les duplex. Quand on additionne les forces, on couvre plus d’angles et de lieux géographiques. Dans la même idée, on peut s’appuyer sur la force de frappe de BFMTV quand il se passe de gros événements, pour mutualiser nos forces afin d’obtenir plus de témoignages, de confirmations, de reportages… Tous les jours, nous mettons à disposition entre 30 et 40 sujets à BFMTV, ce qui permet d’alimenter leurs journaux.

MEDIA +

Un dernier mot ?

PHILIPPE ANTOINE

Le réseau local de BFM Régions représente aujourd’hui près de 180 journalistes. Nous avons une vraie force de frappe sur les cinq plus grosses régions françaises.