P. DUFOURCQ (Très Court International Film Festival) : « Nous maintenons notre rendez-vous, du 5 au 14 Juin 2020, partout dans le monde »

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La 22ème édition du Très Court International Film Festival est maintenue, du 5 au 14 juin 2020, partout dans le monde. L’équipe est mobilisée pour assurer l’organisation de l’évènement. Entretien avec Perrine DUFOURCQ, Coordonnatrice générale du Très Court International Film Festival.

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Période compliquée pour les festivals. Votre modèle est-il remis en cause ?

Perrine DUFOURCQ

Période très difficile effectivement puisque la situation sanitaire remet en question toutes nos actions et surtout la carrière de futurs réalisateurs et réalisatrices. C’est un point très sensible aujourd’hui. C’est pourquoi nous avons fait tout notre possible pour nous adapter. La 22ème édition du Très Court International Film Festival est maintenue, du 5 au 14 juin 2020, partout dans le monde. Pour cela, nous avons décidé d’organiser une édition spéciale «Online», permettant ainsi que la plupart des programmes du festival soit visionnables de chez soi, via internet. L’année dernière, 20.000 spectateurs nous ont suivi tout autour du monde. Cette année, difficile de faire une estimation puisque nous sommes sur des supports totalement différents.

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Comment capter l’attention du public dans une version en ligne ?

Perrine DUFOURCQ

D’abord, les films seront en accès libre, sans interruption et gratuitement. Les œuvres seront aussi traduites en 7 langues, ce qui couvre une grande partie du monde. Ensuite, il faut une communication numérique infaillible. Nous devons également créer des moments d’originalité comme les séances live qui auront lieu pour la compétition internationale, le mardi 9 juin à 20h30, dans un e-cinéma. Les spectateurs auront accès ensuite à la cérémonie de remise des prix et pourront découvrir en direct le palmarès et les lauréats appelés à partager leurs émotions.

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Rappelez-nous la vocation du Très Court International Film Festival ?

Perrine DUFOURCQ

L’événement s’attache à mettre en lumière les films de moins de 4 minutes (titre et générique inclus). Les réalisateurs sont obligés de sublimer chaque seconde. Notre festival est un rendez-vous pour les jeunes réalisateurs et réalisatrices qui s’essaient au très court-métrage, avant de passer au court, au moyen puis au long-métrage. Diffusé sur les 5 continents, les films qui nous ont marqués sont valorisés. C’est un tremplin pour une carrière de jeune réalisateur.

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Raconter une histoire en 4 minutes, pari compliqué ?

Perrine DUFOURCQ

Bien entendu, mais il est possible de ressentir des émotions fortes en 4 minutes. Des réalisateurs ont des histoires captivantes à nous partager.

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Cela nécessite-t-il aussi des budgets très limités ? 

Perrine DUFOURCQ

Non seulement nous proposons des films qui sortent d’écoles de cinéma, mais aussi de grosses productions. Des talents ont émergé grâce à notre festival. Justin Pechberty, le producteur de la société «Les Valseurs», qui avait proposé en 2006 un film au Très Court, a remporté le César du Meilleur Film d’Animation (court métrage) en 2019.

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Le très court métrage est assez peu mis en avant dans les cinémas. Est-ce un manque ?

Perrine DUFOURCQ

Oui, c’est un manque, mais nous essayons d’y pallier. En parallèle de notre festival, nous avons monté «L’Instant Très Court», une société de distribution de très courts métrages. Les films présentés aujourd’hui au festival seront l’année prochaine, pendant 15 jours, diffusés dans près de 110 cinémas Art & Essai dans toute la France, en amont des longs-métrages.