Scopelec, le sous-traitant d’Orange, en difficulté, prépare le licenciement économique de 800 de ses salariés

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Scopelec, le sous-traitant d’Orange en difficulté depuis la perte d’un gros contrat avec l’opérateur historique de télécoms, prépare le licenciement économique de 800 de ses salariés, qui dénoncent «un des plus lourds plans sociaux qu’ait connus la France depuis des mois». «La direction a fait part du projet de réunir les partenaires sociaux dans les prochains jours pour préparer la mise en place d’un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi, NDLR) qui concernerait 800 emplois» sur 3.600, a déclaré jeudi un porte-parole de l’entreprise, la première coopérative de France en nombre de salariés. Scopelec assurait pour Orange la pose de la fibre optique et l’entretien du réseau cuivre, dans le cadre d’un contrat arrivé à son terme fin mars, et qui représentait 40% de son chiffre d’affaires estimé à 475 millions d’euros en 2021. L’entreprise, qui a été notifiée mi-novembre de la perte de ce contrat, estime n’avoir eu aucun signe avant-coureur de la part d’Orange sur la perte de ce volume d’affaires et ne pas avoir eu le temps de s’y préparer. «On ne peut pas nous jeter du jour au lendemain comme cela en nous disant «démerdez-vous»», a déploré jeudi Vincent Tomassetti, représentant du personnel, lors d’une modeste manifestation place de la Bastille à Paris, qui a réuni environ 80 salariés. «Les plans de sauvegarde de l’emploi n’ont jamais sauvegardé beaucoup d’emplois», a renchéri Me Blindauer, l’avocat du comité économique et social de Scopelec. Il a estimé que l’investissement de longue date d’Orange dans l’activité de Scopelec lui conférait un «droit de vie ou de mort sur l’ensemble des salariés» et que cette rupture de contrat avait déjà provoqué des «catastrophes en cascade» parmi d’autres sous-traitants. Scopelec, en procédure de sauvegarde depuis un mois, demande qu’Orange l’»accompagne réellement dans [sa] restructuration sociale» et finance une partie du PSE et que l’État actionnaire «joue le rôle d’arbitre impartial». Elle compte faire appel de la décision rendue il y a une semaine par le juge des référés du tribunal de commerce de Paris, qui l’avait débouté de sa demande de prolongation du contrat avec Orange, et «va également assigner Orange sur le fond car la rupture des contrats commerciaux ne [lui] paraît pas avoir respecté les règles du droit commercial». «Orange a formalisé une proposition d’accompagnement [de Scopelec] à hauteur de 43 millions d’euros sur 2022 et 2023», a rappelé jeudi Bercy, évoquant «un point de départ sur la table» des négociations, pour permettre à l’entreprise d’adapter son modèle économique alors que le chantier de la fibre, déjà bien avancé, est un marché qui a vocation à décliner. L’opérateur s’est également engagé à honorer les factures de Scopelec auprès de ses propres sous-traitants, gelées lors de l’ouverture de la sauvegarde judiciaire. «Il y aura encore une réunion demain (vendredi) entre les deux parties pour discuter de ces sujets», a indiqué le ministère de l’Economie et des Finances. Depuis novembre où 1.800 emplois menacés étaient évoqués, «700 personnes ont soit été reclassées en interne, soit sont parties dans d’autres entreprises qui ont gagné les marchés, soit ont quitté le domaine même des télécoms», a indiqué le porte-parole de Scopelec. Les salariés associés de l’entreprise ont publié jeudi dans plusieurs journaux une lettre ouverte aux candidats à la présidence Emmanuel Macron et Marine Le Pen ainsi qu’aux candidats aux élections législatives, les appelant à agir pour éviter «un des plus lourds plans sociaux qu’ait connus la France depuis des mois».