Sputnik : Riga ferme le site local du service russe d’informations

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Les autorités lettonnes annoncé mardi la fermeture du site local du service d’informations multimédias Sputnik parrainé par le Kremlin. «Nous ne considérons pas Sputnik comme un média crédible mais comme autre chose, un outil de propagande», a déclaré Raimonds Jansons, le porte-parole du ministère letton des Affaires étrangères. M. Jansons a fait sa déclaration après que les registres nationaux des domaines internet NIC ont interdit à Sputnik d’utiliser le nom du domaine local «.lv», et ont fermé son site en Lettonie, pays où la minorité russophone représente environ un quart de la population de deux millions d’habitants. Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié la décision lettonne d’exemple «flagrant de la censure», et les accusations lettonnes comme «infondées et motivées politiquement». «Une nouvelle fois, avec l’inaction tacite des principales organisations des droits de l’homme, (Riga) ignore ses obligations conventionnelles d’assurer le pluralisme médiatique et la liberté de la parole, continuant à viser les médias russes en Lettonie», selon un communiqué officiel diffusé à Moscou. Le ministère letton des Affaires étrangères s’était dit préoccupé par la couverture par Sputnik de la situation en Ukraine, qui remettait notamment en question l’intégrité territoriale de ce pays. «Nous avons écrit qu’à notre avis le fait que le chef de Sputnik, M. (Dmitri) Kisselev, apparaisse sur la liste des sanctions de l’Union européenne devait être pris en compte», a ajouté M. Jansons. Le service Sputnik avait été lancé par la Russie en 2014 avec pour l’objectif de faire entendre sa voix «alternative» à l’étranger. Kiev et l’Occident accusent souvent Moscou de mener une «guerre d’informations» destinée notamment à justifier son intervention en Ukraine. Cette intervention a éveillé des inquiétudes particulières dans les pays baltes qui ont recouvré leur indépendance au début des années 1990 après un demi-siècle d’occupation soviétique.