Stanislas Leridon, directeur Internet et nouveaux médias de France 24

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    France 24 est née le 6 décembre 2006. La chaîne retransmet en trois langues (arabe, anglais et français) et a su prendre la vague du numérique. Média+ a rencontré Stanislas Leridon, le directeur Internet et nouveaux médias de la chaîne afin de faire un bilan sur la «CNN à la française».

    média+ : Pourriez-vous nous faire un bilan sur les 18 premiers mois de France 24 ?

    Stanislas Leridon : Nous sommes une chaîne, comme vous le soulignez, qui est très jeune et qui ne bénéficie donc pas d’une grande expérience propre. Nous sommes jeunes certes mais aussi dynamiques puisque nous retransmettons en trois langues, 24h/24, et que nous faisons au travers de l’antenne et de nos sites, une grande place à l’image. En effet, le fait d’avoir été la dernière chaîne d’information en continue à être créée permet toutefois un gros avantage: nous avons pris le train de la révolution numérique, dès son départ. Notre modèle d’organisation de média est réellement performante: chacun des rédacteurs qui fabrique un sujet pour l’antenne premium, décline de façon naturelle son reportage pour le net avec un chapeau, un titre et la sélection d’une image pour ce support.

    média+ : Internet est-il un facteur incontournable de votre développement ?

    Stanislas Leridon : Nous pouvons en effet donner quelques chiffres. Notre fréquentation Internet est en constante progression. Par exemple, nous sommes actuellement entre 3,5 et 4 millions de visiteurs uniques (VU) par mois. 80% de ces Internautes ne viennent pas de France. Ce qui fait de nous le site média le plus international (plus d’un million viennent des Etats-Unis d’Amérique). Pour comparaison, le site de la CNN ne réunit que 8% de son audience avec les internautes hors USA, et 40% pour la BBC.

    média+ : N’êtes-vous pas soucieux de la révolution technologique et numérique qui a lieu ?

    Stanislas Leridon : Ce n’est pas parce que nous sommes nés avec ces révolutions que celles-ci n’ont pas d’incidence sur la chaîne. Au contraire nous essayons toujours d?’être à la pointe. Nous n’avons simplement pas accumulé de retard dans ce domaine. Nous avons lancé un portail mobile 3G par exemple, qui est accessible 24h/24 partout dans le monde via un numéro de téléphone. Nous avons également le projet de lancer un JT spécialement conçu pour le mobile, dès la rentrée, en septembre: ce sera un tout en image qui durera 2’/2’30 sans plan large et sans synthé. L’autre grande révolution des médias, c?est l’apport de l’amateur, du «citoyen du monde» à l’information. Nous l’avons compris et intégré au sein de notre site participatif «Les observateurs», il y a 6 mois et qui fonctionne plutôt bien (150 000 VU depuis le lancement). Concept qui sera d’ailleurs certainement repris sous forme d’émission à l’antenne, à la rentrée, si le pilote se déroule bien. Nous sommes également en train de rechercher de nouveaux partenaires (RFI, TV5 Monde) pour développer de nouveaux projets très innovants (émissions radios d’un nouveau genre etc.)

    média+ : Vous avez lancé le 18 juin la version 2 des «Observateurs de France 24». Quels sont les éléments nouveaux ?

    Stanislas Leridon : Nous voulons ajouter la notion de «communauté», dans notre site «Les observateurs». Jusqu’à présent, ce site d’information dédié aux contenus d’amateur, n’avaient pas réellement d’interface entre les protagonistes: «Les observateurs» ne pouvaient recevoir que des commentaires postés sous leurs vidéos ou leurs photos. Désormais tout les «Observeurs» et les internautes peuvent converser ensemble, directement. C’est une façon d’être innovant, de sortir de la logique traditionnelle des médias. Nous espérons doubler nos Visiteurs Uniques en six mois (300 000). Notre objectif est de devenir «le Facebook» de l’information éditorialisée.