Télévision: des formations inédites et une future école spécialisée pour exporter plus de programmes

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Pour combler le déficit français en matière de programmes de télévision conçus pour pouvoir s’exporter, des professionnels s’apprêtent à lancer des formations inédites dans l’Hexagone et veulent créer une école spécialisée, à Paris ou sur la Côte d’Azur. Apparus dans les années 2000, les «formats» sont des programmes de télévision de tous genres (fictions, documentaires, magazines, jeux et divertissements) qui sont spécifiquement conçus pour être diffusables sur plusieurs saisons et surtout être exportables, soit tels quels, soit via des adaptations sous licence. Un domaine dans lequel «la France a pris du retard», a souligné mardi lors d’une conférence de presse Philippe Chazal, directeur général de la Fabrique des formats, structure lancée en 2016 par des professionels pour financer et accompagner des projets dans ce domaine. La faute notamment à la frilosité des grandes chaînes, qui rechignent à investir dans les nouveaux concepts, préférant souvent minimiser leur prise de risque en important des formats d’émissions qui ont déjà réussi à l’étranger. En outre, peu de dispositifs de soutien existent pour passer d’une idée à la réalisation d’un pilote, une phase de développement pourtant cruciale pour convaincre ensuite les diffuseurs. Certains genres, en particulier les jeux et divertissements, souffrent enfin d’un manque de considération en France, contrairement à la fiction, aux documentaires ou à l’animation. Pour aider à combler ce retard, La Fabrique des formats, qui a levé deux millions d’euros à sa création, lance des appels à projets et en a ainsi financé 17 l’an dernier (sur un total de 240 dossiers reçus), à hauteur de 440.000 euros.Elle s’apprête à lancer, en février, la première de trois formations pour «faire monter en gamme les professionnels», avec des organismes comme le CELSA. Il s’agit de faire émerger trois nouveaux métiers jusqu’ici non reconnus en France, dans un secteur au fonctionnement très artisanal et où l’on apprend généralement le métier sur le tas : «développeur de formats audiovisuels et numériques», «auteur de flux» (émissions type magazine, jeu, divertissement…), et «distributeur de contenus». Des formations que la Fabrique entend développer, et qu’elle veut compléter par la création d’une «école de l’export», à Paris, Cannes ou Nice, avec une ouverture envisagée à la rentrée 2019, et d’autres initiatives comme le lancement d’un festival des formats.