TF1 et M6 ont déposé un recours à Bruxelles contre la dotation à France Télévisions

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    Les chaînes TF1 et M6 ont déposé un recours devant la Commission européenne contre la dotation de 150 millions d’euros par l’Etat à France Télévisions pour compenser l’arrêt de la publicité après 20h00 sur ses chaînes, a-t-on appris vendredi auprès de TF1. «Nous avons déposé un recours avec M6 il y a quelques mois devant Bruxelles», a indiqué Nonce Paolini, P.-D.G. de TF1, en marge de la présentation des résultats semestriels du groupe Bouygues, maison-mère de TF1. Interrogée, M6 n’a pas souhaité faire de commentaire. France Télévisions avait reçu en août 2008 la dotation de 150 millions d’euros promise par l’Etat pour compenser le manque à gagner publicitaire entraîné par l’annonce, en janvier 2008, de la prochaine fin de la publicité sur ses antennes. Parallèlement, une taxe modulable entre 1,5 et 3% du chiffre d’affaires des chaînes de télévision privées a été mise en place, également pour compenser ce manque à gagner. «Nous sommes en discussions avec l’ACP (Association des chaînes privées, ndlr) pour demander un moratoire (sur l’application de cette taxe) compte tenu de la situation économique», a aussi affirmé M. Paolini. Bouygues Télécom et TF1 vont payer «de l’ordre de 80 millions d’euros» en 2009 au titre de cette nouvelle taxe, a affirmé Martin Bouygues, P.-D.G. du groupe Bouygues, au cours de la même conférence de presse. «On verra le chiffre définitif. Mais c’est significatif et c’est pour financer la télévision publique qui continue à recevoir des recettes de publicité par le parrainage notamment», a-t-il ajouté. «Nous avons toujours contesté cette taxe et nous continuons à la contester à Bruxelles», a poursuivi M. Bouygues. Le P.-D.G. de Bouygues a en outre réfuté tout «effet d’aubaine pour TF1» du fait de la fin de la publicité sur les chaînes publiques. Une partie de la classe politique avait jugé que le président de la République Nicolas Sarkozy faisait un «cadeau» à TF1 en proposant une telle mesure. «On ne parle pas boutique» avec Nicolas Sarkozy, a assuré Martin Bouygues. «Si on avait parlé boutique, les dispositions n’auraient pas été ce qu’elles ont été.» «Je pense que nos relations compliquent les choses, ce n’est pas pour autant qu’elles vont disparaître. Elles continuent à être ce qu’elles ont toujours été et j’en suis très heureux et très fier mais ça complique plus les choses que ça ne les simplifie», a-t-il estimé.