Trois questions à… Gilles Crémillieux, créateur et président du Syndicat des Télévisions Locales Hertziennes «Les Locales TV»

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    Lundi, le «MediaClub» organisait son ultime débat de la saison sur le thème «Les télévisions locales vont-elles réussire le pari de la TNT?». Les télévisions locales prennent en effet une place grandissante dans le paysage audiovisuel français: elles sont au nombre de 150 actuellement avec une performance oscillant entre 10 et 15% de parts de marché sur leurs secteurs respectifs. Mais un grand nombre de questions, notamment quant à leur financement, restent en suspend. media+ a rencontré Gilles Crémillieux, créateur et président du Syndicat des Télévisions Locales Hertziennes «Les Locales TV», invité lors de ce débat.

    média+ : Pouvez-vous nous présenter la situation nationale des télévisions locales ?

    Gilles Crémillieux : Pendant longtemps les télévisions locales ont été assez discrètes, confidentielles. A l’image de TV8 Mont Blanc, qui existe depuis 20 ans. Mais, aujourd’hui, notamment avec l’arrivée de la TNT, elles sont appelées à devenir des médias importants de proximité. Le CSA lance 5 appels par mois en moyenne pour que les chaînes locales aient leur place sur la TNT. Seulement, sur les 150 TV locales, seules 20 y ont une place. Bientôt, la France rattrapera son retard du point de vue du nombre de télévisions locales. Maintenant, il faut regarder l’avenir car face à la multiplicité des chaînes nationales, l’individu a un besoin grandissant de proximité. L’offre télévisuelle locale, à l’image de la presse quotidienne régionale (PQR), est appelée à avoir une influence sur son public. Le mouvement est lancé et chacun aura, à terme, sa télévision. Il ne reste donc plus qu’à trouver un schéma économique de développement. Aujourd’hui, le chiffre d?affaires des 20 télévisions les plus importantes est de 50 millions d’euros.

    média+ : Comment s’organisent les rapports avec les autres médias locaux ?

    Gilles Crémillieux : Un certain nombre de medias locaux sont actionnaires dans les télévisions locales comme par exemple Anger 7 qui est détenue à 78% par «Le courrier de l’Ouest» et 12% par «Ouest France». La presse écrite sait qu’elle a encore de beaux jours devant elle, seulement elle a aussi compris que le monde audiovisuel permet une complémentarité. La télévision, c’est l’image et la vidéo. Deux éléments cruciaux pour les sites web des journaux écrits. Sans compter que la veille d’information ainsi est beaucoup plus efficace si elle se fait en collaboration entre tous les médias.

    média+ : Les télévisions locales peuvent-elles acheter tous les programmes qu’elles souhaitent ?

    Gilles Crémillieux : Nous avons des réflexions engagées sur cette question car toutes les télévisions locales sont dans la même situation: nous n’avons pas le chéquier qui permettrait d’acheter des programmes chers. Chaque semaine une dizaine de producteurs nous proposent des contenus mais nous n’avons pas les moyens de faire aboutir ces propositions. Par contre, nous serions favorables à un système de syndicalisation des programmes entre les TV locales, afin de produire et de s’échanger des programmes, dans la mesure où ils sont compatibles avec chaque population.