Trois questions à… Jérôme Bouvier, journaliste et président de l’association «Journalisme et Citoyenneté».

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    «Journalisme et Citoyenneté» organise les Premières Assises Internationales du journalisme à Lille et Arras du 7 au 9 mars, elles doivent permettre aux journalistes de dialoguer et de se tourner vers les citoyens afin de dégager des solutions pour remédier à la situation d’urgence à laquelle est confrontée la profession.

    média+ : Les assises internationales du journalisme vont se dérouler du 7 au 9 mars à Lille et Arras, quelles en sont les objectifs, et par qui sont-elles organisées?

    Jérôme Bouvier : Nous avons fondé avec des confrères et consœurs l’association «journalisme et citoyenneté» qui organise ses Assises. L’objectif de ce projet c’est permettre une rencontre, un lieu de réflexion entre journalistes pour leur permettre d’aller vers les citoyens tout en gardant chacun ses spécificités, ses combats. En rassemblant toutes les «tribus du journalisme» (elles comptent 37 000 journalistes !), on doit pouvoir créer un lieu de dialoguequi doit se renouveler. On ne veut enrôler personne sous une bannière. Notre seul combat c’est de dire que le métier est dans une situation d’urgence, que les solutions ne sont pas si simples. On ne peut pas les trouver sans lieu de dialogue, sans visibilité.

    média+ : Quelles vont être les temps forts des Assises et y’a-t-il des moments réservés aux professionnels ?

    Jérôme Bouvier : Tout à fait, nous avons fait en sorte qu’il y ait des moments réservés aux journalistes pour cette 1ère manifestation. Les ateliers du matin sont réservés aux professionnels pour des débats plus précis, plus techniques. Par exemple, l’atelier «Quelles règles, quelles instances?» pose la question de savoir si c’est nécessaire que la profession se dote d’une instance de régulation. Il faut un lieu pour discuter de cela, avant que chacun sorte son «mot d’ordre syndical.» Les ateliers se tiendront par petits groupes et déboucheront sur des préconisations. Lors des débats de l’après-midi, les autres compagnons de route de la démocratie nous rejoindrons, comme les syndicats, la ligue de l’enseignement… Les soirées citoyennes permettent, elles, d’inviter les citoyens à passer une soirée avec des journalistes. Nous avons d’ores et déjà lancé un questionnaire aux citoyens qui s’appelle : «Qu’attendez-vous de nous ?». Pour la première fois, des médias différents, en l’occurrence «La Voix du Nord», «France Bleu Nord» et «France 3 Nord-Pas-de-Calais-Picardie», s’adressent ensemble aux citoyens. Les résultats seront annoncés lors des Assises et seront discutés par tous. Par ailleurs, avec les élections présidentielles et législatives à venir, nous aurons de quoi discuter. Quelle information politique voulons-nous? C’est ce dont nous discuterons avec les journalistes politiques qui seront là comme Raphaëlle Bacque, journaliste politique au «Monde» ou encore Stéphane Paoli, journaliste à France Inter .

    média+ : Quels vont être les principaux événements ?

    Jérôme Bouvier : Les assises déboucheront sur une adresse aux politiques, aux six principaux candidats qui posent sept questions dont le droit à la protection des sources et l’inscription de la charte des journalistes dans le droit des entreprises de presse. Nous lançons également le premier baromètre avec le CSA qui est basé sur une quinzaine de questions sur le moral des journalistes, c’est un événement. C’est totalement autre chose que le baromètre TNS Sofres, publié dans la «Croix» le 13 février, qui montre d’ailleurs l’urgence de la situation pour la profession, notamment par rapport à la méfiance croissante des citoyens vis-à-vis des médias. Il faut dialoguer avec eux et non pas s’affronter inutilement. Les médias s’adressent aux citoyens par nature, mais les journalistes, et c’est un paradoxe, ne s’adressent pas, ou peu, aux citoyens.