Trois questions à … Philippe Bastard de Crisnay, président du SEVN (Syndicat de l’Edition Vidéo Numérique)

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    Cette année, le SEV fête ses 10 ans et rajoute une lettre à son sigle en devenant le Syndicat de l’Edition Vidéo Numérique (SEVN). Cette semaine, le syndicat s’est donc réuni sous sa nouvelle forme, pour faire le bilan de l’année 2007 et évoquer les perspectives de l’année 2008. Rendez-vous est pris avec Philippe Bastard de Crisnay, président du SEVN.

    média+ : Quel bilan tirez-vous du marché de la vidéo en 2007 ?

    Philippe Bastard de Crisnay : Plus de 130 millions de DVD ont été vendus. L’industrie du DVD contribue de manière significative au financement de la cinématographie française: le DVD représente 25% du préfinancement d’un film allant jusqu’à 50% de son amortissement. Mais depuis trois années consécutives, le marché de la vidéo est en baisse. Nous sommes passés de 113 354 millions de vidéos vendues en 2005 à 88 772 millions en 2007, avec une perte de 10% par rapport à 2006. De fait, la valeur totale du marché est elle aussi en baisse, passant de 1 665 millions d’euros en 2006 à 1 498 millions en 2007, soit une baisse de 11%. Ces pertes sont dues à l’émergence de la piraterie (100 millions de films téléchargés illégalement en 2006, ndlr) et à la rigidité de la chronologie des médias. Heureusement, il y a eu une prise de conscience par les pouvoirs publics. Pour la première fois, ils se sont engagés, à travers les accords de l’Elysée le 23 novembre dernier, à lutter contre le piratage et à réaménager la chronologie des médias (temps entre la sortie en salle d’un film et sa sortie en VOD, ndlr). Ces accords signés entre les pouvoirs publics, les fournisseurs d’accès et les producteurs de contenus, posent de nouvelles sanctions face au téléchargement illégal.

    média+ : La réponse des pouvoirs publics vous satisfait-elle ?

    Philippe Bastard de Crisnay : Elles sont efficaces donc c’est une réponse suffisante pour lutter contre la piraterie aujourd’hui. La crise du marché français de la vidéo est une exception en Europe: les autres pays qui luttent efficacement contre la piraterie ont une évolution en volume et en valeur du marché excédentaire. Donc il n’y a pas de fatalité, nous sommes en bonne voie.

    média+ : Quels sont vos projets pour les prochaines années ?

    Philippe Bastard de Crisnay : D’une part, un développement de la haute définition de façon à ce qu’elle devienne un standard pour l’ensemble du parc audiovisuel. D’autre part, le développement de la VOD qui va permettre d’accompagner la croissance du marché dans un environnement où la piraterie aura été maîtrisée avec une chronologie adaptée.