Un consultant politique américain à l’origine des appels automatisés (robocalls) et truqués, usurpant la voix du président américain Joe Biden

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Un consultant politique américain, qui travaille pour la campagne d’un démocrate peu connu, a dit être à l’origine d’appels automatisés (robocalls) et truqués, usurpant la voix du président américain Joe Biden.

Le robocall généré grâce à l’intelligence artificielle (IA) incitait les électeurs à ne pas voter lors des primaires du parti démocrate dans le New Hampshire en janvier et fait l’objet d’une enquête pour «tentative illégale de perturber» un scrutin.

L’incident a exacerbé les craintes des autorités, des experts et des associations qui craignent une explosion des montages audio ou vidéo à des fins de désinformation pendant la présidentielle américaine et d’autres élections majeures qui vont avoir lieu dans le monde cette année.

Steve Kramer, un consultant employé par Dean Phillips, élu du Minnesota et candidat à la primaire démocrate, a déclaré dimanche à NBC News qu’il avait engagé un magicien de la Nouvelle-Orléans, Paul Carpenter, pour imiter la voix de Joe Biden grâce à un outil d’intelligence artificielle. Il a expliqué que ce stratagème avait pour but d’attirer l’attention sur les dangers que représente l’intelligence artificielle en politique. «C’est un moyen pour moi de faire la différence, et c’est ce que j’ai fait», a-t-il dit à NBC. «Pour 500 dollars, j’ai réalisé une opération d’une valeur d’environ 5 millions de dollars, qu’il s’agisse de l’attention des médias ou de la réaction des autorités». Le faux message téléphonique, rédigé par M. Kramer, commençait par «Quel tas de foutaises!», une expression favorite du président.

«Il est important que vous gardiez votre vote pour l’élection de novembre», continuait la voix truquée. «Voter ce mardi ne fait que permettre aux républicains d’élire à nouveau Donald Trump. Votre vote fera la différence en novembre, pas ce mardi».

M. Kramer a précisé que le robocall avait été réalisé à l’insu de la campagne de M. Phillips. «Je suis content qu’il ait avoué. L’Amérique devrait déjà avoir mis en place des garde-fous pour empêcher des utilisations néfastes de l’IA», a déclaré ce candidat démocrate sur X (anciennement Twitter). Le consultant a indiqué avoir reçu une citation à comparaître de la part du régulateur américain des télécoms (FCC). Il s’attend à faire l’objet de poursuites en justice. Au début du mois, la FCC a décidé d’interdire les appels automatisés effectués avec des voix générées par un programme d’intelligence artificielle (IA), afin de lutter contre les arnaques de plus en plus sophistiquées que permet cette technologie.