Une exposition au MuCem rend compte du rôle des réseaux sociaux dans le «printemps tunisien»

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Une exposition, au MuCem, à Marseille, rend compte du rôle des réseaux sociaux dans le «printemps tunisien», qui, en 29 jours, de la mi-décembre 2010 à la mi-janvier 2011, a mis fin au régime de Ben Ali. En Tunisie, «il y a eu un long chemin de résistance sous le joug de la censure mais le feu couvait sous la cendre», estime Houria Abdelkafi, co-commissaire avec Elisabeth Cestor, de l’exposition qui se tient également au musée du Bardo, à Tunis. Tout au long du parcours retraçant celui de ruelles, des vidéos d’amateurs, prises avec des téléphones portables, plongent le spectateur au coeur des manifestations. Des archives sonores font renaître cris et slogans hostiles au clan Ben Ali. Le 17 décembre, après l’immolation du jeune vendeur ambulant Mohamed Bouazizi, à Sidi Bouzid, dans le centre du pays, «les réseaux sociaux ont provoqué la mobilisation dans tous le pays», se souvient Mme Habdelkafi en notant l’aide des «hackers du monde entier», pour passer outre le contrôle d’internet par le pouvoir tunisien. Une vidéo rappelle les 1ères réactions du gouvernement français. On y voit la ministre des Affaires étrangères d’alors, Michèle-Alliot Marie, proposer l’aide de la France à la police tunisienne. Elle sera peu après au coeur d’une polémique pour avoir voyagé en Tunisie dans le jet privé d’un proche de Ben Ali, et poussée à la démission. L’exposition se termine au son des clameurs de la rue, juste après la fuite de Ben Ali, le 14 janvier 2011.