Vivendi: le comité de groupe en appelle à Sarkozy à propos de SFR

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    Le comité de groupe de Vivendi a dénoncé mardi dans une lettre ouverte au président de la République, Nicolas Sarkozy, le «mépris» du groupe de télécommunications et de médias pour «ses responsabilités sociales» avec l’externalisation des emplois de SFR. «En excellente santé financière, l’un des fleurons du CAC 40, Vivendi méprise ses responsabilités sociales», affirme le comité de groupe. Selon lui «les représentants de SFR dénoncent la brutalité de l’annonce de l’externalisation de 1 900 emplois, en complète opposition avec les valeurs d’éthiques et de dialogue social de Vivendi». Et le comité de groupe de dénoncer l’absence «de projet industriel ambitieux, les préoccupations financières à court terme du groupe qui pénalise l’emploi et (qui) ne respecte pas ses devoirs envers la «valeur travail»». «Près de 7 000 salariés ont quitté Vivendi au cours des quatre dernières années alors qu’aucun élément ne le justifie», poursuit le comité de groupe qui demande au président Sarkozy «d’intervenir auprès des dirigeants». Une intervention présidentielle devrait inciter Vivendi «à assumer ses responsabilités sociales et avoir des pratiques sociales citoyennes à la hauteur des excellents résultats financiers du groupe», conclut le comité de groupe. Vivendi a enregistré en 2006 un bénéfice net «ajusté» de 2,61 milliards d’euros conformes à ses prévisions, a-t-il annoncé en mars dernier, tout en soulignant les difficultés de SFR en raison d’une «réglementation pénalisante pour le mobile en France». La direction de SFR veut transférer d’ici à août trois de ses centres d’appels, soit 1 900 salariés, à deux sous-traitants: Teleperformance pour Lyon (582 personnes) et Toulouse (724 personnes), et la Division Arvato Services (filiale du groupe allemand Bertelsmann) pour Poitiers (571 personnes). Le projet a été présenté par la direction le 20 juin devant le comité central d’entreprise (CCE) et le sera à nouveau ce mercredi.