«Le choix de Myriam»: la première génération racontée comme un roman (diffusion sur France 3 le 9 mai à 20h35)

La première génération d’immigrés maghrébins a inspiré peu de téléfilms français. Réalisé pour France 3, «Le choix de Myriam», saga romanesque en deux épisodes, donne un coup de projecteur bienvenu sur cet épisode de notre histoire avec une approche grand public. Cette mini-série signée Malik Chibane plonge dans la France des années 1960, côté bidonvilles et HLM. En pleine guerre d’Algérie, Kader Baccouche, jeune marié, quitte son village de Kabylie pour venir travailler en France dans le bâtiment. Comme la majorité de ses «frères», il vit dans un bidonville de la région parisienne, où il est rejoint par sa femme Myriam. Sur le chantier Kader est traité comme un esclave; Myriam perd son frère lors de la manifestation pacifique du FLN (17 octobre 1961) sévèrement réprimée par la police de Papon: cette «terre d’accueil» s’avérant peu chaleureuse, le couple rêve de rentrer au «bled». Mais le destin force les choses et la perspective d’un retour s’éloigne car ils obtiennent un HLM et se rendent compte que pour leurs enfants, la France représente aussi une chance. «Le destin compte beaucoup dans ma culture. Initialement le film devait d’ailleurs s’appeler «C’est écrit» – «Mektoub» en arabe», confie Malik Chibane, dont les parents sont algériens. «Un jour mon père m’a présenté un vieux maçon algérien qui m’a raconté comment la naissance de son bébé l’avait empêché d’aller à la manif du 17 octobre, et sauvé la vie. Ça a été le point de départ du film», raconte-t-il.

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