Fin de la publicité sur les chaînes publiques: TF1 et M6 décollent

Les actions TF1 et M6 Métropole TV ont décollé mardi à la Bourse de Paris, après l’annonce par le président Nicolas Sarkozy qu’il souhaitait «réfléchir à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques» de télévision. TF1 a pris 9,94% à 18,36 euros, et M6 Métropole TV 4, 49% à 17,21 euros, tandis que le marché parisien a gagné 0,79%. Bouygues, maison mère de TF1, a avancé de 3,07% à 54 euros. «Cela créerait évidemment un levier énorme pour les chaînes privées. Cette proposition pourrait se concrétiser rapidement puisque (la ministre de la Culture et de la Communication, ndlr) Christine Albanel doit présenter en février sa loi sur l’audiovisuel», a commenté un vendeur d’actions parisien. «Compte tenu des liens de TF1 et Bouygues avec le pouvoir en place, on se doutait déjà qu’ils ne seraient pas défavorisés», a-t-il ajouté. Le président de la République a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il souhaitait «que le cahier des charges de la télévision publique soit revu, profondément, et que l’on réfléchisse à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques qui pourraient être financées par une taxe sur les recettes publicitaires accrue des chaînes privées et par une taxe infinitésimale sur le chiffre d’affaires de nouveaux moyens de communication, comme l’accès à Internet ou la téléphonie mobile». Avant cette annonce de M. Sarkozy, le titre TF1 avait touché mardi matin son plus bas niveau depuis mars 1999, et M6 son plus bas depuis mars 2003. Un analyste de CA Cheuvreux, Arnaud Frérault, a expliqué que «ce qui mène le cours des titres TF1 et M6, c’est la conjoncture publicitaire avant toute chose. On a beau dire que ces groupes se diversifient, notamment dans Internet, et qu’ils créent une autre valeur ajoutée, la croissance du revenu publicitaire reste déterminante». «La publicité télé est globalement en hausse. Mais dans cette hausse les nouvelles chaînes se taillent la plus grosse part. 2007 aurait dû être une année de croissance, avec les budgets de la grande distribution, et on va finir avec une évolution zéro», a-t-il ajouté. La grande distribution est autorisée à faire de la publicité à la télévision depuis le 1er janvier 2007. Les analystes de Deutsche Bank, qui recommandaient dans une note le 4 janvier d’acheter» l’action TF1, disaient regarder vers «le 21 février, jour où un nouveau plan stratégique devrait être dévoilé». «Nous attendons de la direction qu’elle redresse les marges misérables du groupe à travers un programme de réduction des coûts, un possible amincissement de certaines activités et une attention concentrée sur le profit plutôt qu’un partage tacite des parts de marché dans la télévision», estimaientils. Avant l’annonce de M. Sarkozy, la banque helvétique UBS avait abaissé mardi sa recommandation à «neutre» contre «acheter» auparavant, et son objectif de cours à 19 euros contre 23. «Si l’on classe les valeurs des médias en trois grandes catégories – défensives (édition professionnelle), cycliques de qualité (agences de publicité) et profil de risques élevé (diffuseurs) -, il ressort que la dernière catégorie est la plus vulnérable. A quelques exceptions près, nous recommandons de rester à l’écart de ces valeurs», ont expliqué les analystes d’UBS dans une note.

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