France 24 a samedi «déploré vivement» le refoulement de son envoyé spécial en Ouganda, quelques jours après un scrutin présidentiel contesté qui a vu Yoweri Museveni, au pouvoir sans partage depuis 1986, proclamé vainqueur.
«Bastien Renouil, correspondant en Afrique de l’Est pour France 24 et envoyé spécial en Ouganda, a été refoulé à son arrivée sur place alors qu’il disposait de toutes les accréditations nécessaires pour réaliser un reportage de terrain consacré à l’évolution de l’Ouganda 40 ans après la guerre de brousse», a critiqué dans un communiqué la chaîne TV, qui a «déploré vivement cet incident».
Quelques jours plus tôt, deux envoyées spéciales de Radio France internationale (RFI), «avaient connu le même sort dans un contexte où la liberté de la presse est largement entravée dans le pays», poursuit le communiqué.
Le pays de la région des Grands lacs pointe en 2025 au 143e rang sur 180 dans le classement de RSF sur la liberté de la presse, en baisse de 15 places par rapport à l’année précédente.
«Ces journalistes ont été refoulés ou expulsés comme s’ils étaient des criminels», a souligné dans un communiqué Arnaud Froger, directeur du bureau investigation de RSF, avant de dénoncer une «stratégie d’intimidation et de censure dont l’Ouganda est coutumier et qui a été largement déployée dans le contexte de l’élection présidentielle.
Le scrutin du 15 janvier a été critiqué par des observateurs et des ONG qui ont notamment pointé le blocage d’internet pendant plusieurs jours et la répression de l’opposition.
Le principal adversaire de M. Museveni, Bobi Wine (de son vrai nom Robert Kyagulanyi), un ancien chanteur de raggamuffin âgé de 43 ans, a pris la fuite après un raid des forces de sécurité sur son domicile au lendemain des élections, dont il a dénoncé des résultats «truqués». Yoweri Museveni, qui tient le pays d’une main de fer depuis 1986, a été proclamé vainqueur avec 71,65% des suffrages.



































