Mort de Hakan Tosun : la défense réclame la qualification d’homicide intentionnel

Mort de Hakan Tosun : la défense réclame la qualification d’homicide intentionnel

L’avocat du journaliste turc Hakan Tosun, décédé en octobre à Istanbul, a dénoncé ce lundi 23 février le chef d’inculpation des accusés, estimant qu’il «avait été tué délibérément», contrairement à ce qu’affirme le réquisitoire.

Pour son avocat Cemal Yücel, le journaliste de 50 ans, spécialiste de l’environnement «Hakan Tosun été tué délibérément. Mais l’inculpation par le procureur mentionne des coups ayant entrainé la mort sans intention de la donner», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Selon les caméras de surveillance et la police qui les arrêtés, Hakan Tosun a été violemment agressé par deux hommes âgés de 18 et 24 ans.

Le défenseur a notamment fait valoir un nouveau rapport d’autopsie selon lequel la cause du décès du reporter est «une hémorragie cérébrale» causée par un «traumatisme crânien provenant de coups portés par un objet contondant, ainsi que des fractures au niveau du visage».

Le rapport confirme l’absence de traces d’alcool et de stupéfiants.

«Il s’agit manifestement d’un homicide intentionnel. Nous n’acceptons pas ce réquisitoire préparé par le procureur», a insisté M. Yücel. «Nous espérons que la cour ne rendra pas une décision conforme à ce scandaleux chef d’inculpation», a-t-il ajouté. Le journaliste enquêtait en particulier dans la région d’Hatay (sud) et sur la reconstruction après le violent séisme de 2023 qui avait fait au moins 53.000 morts.

Une première autopsie dont les conclusions ont été rendues publiques début janvier par la famille attestait que M. Tosun a été «battu et est décédé après de terribles violences, prolongées et atroces», ce que montraient déjà les images des caméras de surveillance qui ont enregistré l’agression dans un quartier excentré d’Istanbul.

«Parce que nous soupçonnons qu’il y a des personnes derrière les assaillants, du fait que Hakan Tosun était journaliste et écologiste et que ses reportages et documentaires ont dérangé certains individus, nous avons saisi à plusieurs reprises le parquet, lui demandant d’enquêter pour déterminer s’il y a quelqu’un derrière eux, s’il existe un instigateur», a déclaré l’avocat.

Mais ces demandes sont restées lettre morte, a-t-il déploré.

Selon lui le procureur agit «comme s’il était l’avocat des (agresseurs), les défend et, en substance, revient à dire «Libérez-les dès que possible»», s’est-il insurgé.

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