« Ce qu’il faut aussi craindre, c’est une concentration des fournisseurs d’accès » précise Jean Bertout
Jean Bertout, représentant syndicat FO chez NOOS revient sur les dessous de l’opération qui a provoqué le plan économique et social et quelque 792 licenciements.
média+ : Quel est le projet industriel qui a pu pousser la direction de Noos à licencier plus de la moitié de ses contrats à durée indéterminée ?
J. B : Il n’y en a pas, il s’agit juste d’un projet financier. Ils disent vouloir injecter de l’argent, 235 millions d’euros pour installer de la fibre optique dans un réseau veillissant. La direction de Noos vide la masse salariale. Il y a de grosses rumeurs de rachat par morceau : Free lorgne sur tout le réseau Ile-de-France, Neuf-Cegetel sur Paris intra-muros, et Télécom Italia sur le reste. En 2000, Suez alors propriétaire de Noos avec France télécom a réduit la masse salariale de 300 effectifs. En 2003, il y a eu un plan de départ volontaire de 692 employés, 6 mois plus tard, Noos était racheté par Liberty Global. Civen détient Noos depuis juillet 2005. Il s’agit d’un projet financier.
média+ : Quelles seront les conséquences pour le consommateur ?
J. B : Un service de moindre qualité…Avant, les opérateurs pouvaient se renvoyer l’appel d’un bureau à l’autre. Le client attendait, mais il y avait une réponse à la fin. À présent, les opérationnels sont en Tunisie et les donneurs d’ordre sont en France. Noos externalise aussi la maintenance et la technique. Ce qu’il faut aussi craindre, c’est une concentration des fournisseurs d’accès : s’il y a moins d’acteurs sur le marché, on risque une hausse des prix. Pour le câble, c’est fait avec la fusion Noos-UPC-Numéricable ; le satellite, c’est fait avec Canal Sat- TPS. Les opérateurs ADSL proposent tous le même service. Ils ne vont pas tenir longtemps avant de se rapprocher. Comment la Commission européenne et le Gouvernement ont pu autoriser cette situation de monopole…
média+ : Comment le plan économique et social a-t-il pu être adopté à l’unanimité lors du Comité d’entreprise?
J. B : Il n’y avait que des représentants de la CFDT-CFTC et de la CFE-CGC, plutôt des cadres. FO et la CGT n’y sont pas représentés. Certains employés doutent de l’avenir de l’entreprise. Des services entiers (management, ressources humaines, etc.) veulent partir. Pour beaucoup ce plan est une libération. Mais pas pour les 40% des bas salaires sans qualification. Nous avons fait appel à un expert pour étudier « le livre IV » sur l’analyse économique du plan, il a considéré qu’on aurait pu sauver 300 emplois.


































